Gaspillage alimentaire: Des députés souhaitent rendre le doggy bag obligatoire dans les restaurants

RESTAURATION Des députés veulent contraindre les restaurateurs à proposer à leurs clients un emballage pour emporter les restes de son repas…

20 Minutes avec agence

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Illustration restaurant.
Illustration restaurant. — Frederic Brenon / 20 Minutes

Menus trop étoffés, portions démesurées… Chaque client de restaurant a vu, un jour, repartir avec regret une assiette à moitié pleine.

Pour lutter contre ce gaspillage, la commission Développement durable de l’Assemblée nationale vient d’adopter un amendement qui vise à obliger les restaurateurs à mettre un « doggy bag » (une boîte à emporter) à la disposition de leurs hôtes, rapporte Le Parisien ce mercredi.

Un intolérable gaspillage

Depuis le 1er janvier 2016 et la mise en place du « plan anti-gaspi », voulu par le gouvernement Valls et signé par tous les acteurs de l’alimentation, les restaurateurs servant plus de 180 repas par jour avaient l’obligation de trier et valoriser leurs déchets alimentaires. En revanche, rien ne les obligeait à proposer à leurs clients un récipient leur permettant de récupérer le reste de leur repas.

Les élus ont donc décidé de rendre cette pratique obligatoire. Mais avant d’entrer en application, l’amendement devra tout d’abord être adopté par la Commission économique du Palais Bourbon puis par l’ensemble des députés. La mesure doit, en tout cas, contribuer à « réduire par deux le gaspillage alimentaire d’ici à 2025 ».

Restaurateurs dubitatifs

Les restaurateurs demeurent toutefois sceptiques sur la mise en place d’un dispositif qui ne correspond pas, selon eux, à notre culture. Hubert Jean, président de la branche restauration au sein de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) estime ainsi qu’il n’est « pas très judicieux de vouloir contraindre de manière réglementaire l’ensemble de la profession à acheter des doggy bag. C’est une pratique anglo-saxonne qui n’est pas vraiment dans la culture française ».

Un argument que la députée LREM de Haute-Marne, Bérangère Abba, auteur de l’amendement, balaye d’un revers de main : « C’est vrai qu’il y a en France un frein psychologique mais c’est aussi parce que les consommateurs n’osent pas en faire la demande de peur de se voir objecter un refus de la part du restaurateur. Il faut que les habitudes évoluent », conclut-elle.

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