Grève à la SNCF: La CGT accuse la direction d'attiser «la confrontation entre grévistes et non grévistes»

CONFLIT SOCIAL Le secrétaire général de la CGT Cheminots Laurent Brun a accusé ce lundi la direction de la SNCF d'attiser «la confrontation entre grévistes et non grévistes»...

20 Minutes avec AFP

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Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots, à la manifestation du 22 mars 2018 à Paris.
Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots, à la manifestation du 22 mars 2018 à Paris. — ISA HARSIN/SIPA

La tension monte à la SNCF. Le secrétaire général de la CGT Cheminots Laurent Brun a accusé ce lundi la direction de la compagnie ferroviaire de vouloir « pousser à la faute » les grévistes, alors que débute ce mardi le mouvement de grève des cheminots contre le projet de réforme ferroviaire du gouvernement.

« La direction veut nous pousser à la faute. Elle cherche la confrontation entre grévistes et non grévistes », affirme Laurent Brun. « Mais c’est la SNCF qui portera l’entière responsabilité de ce qui pourrait se passer », ajoute-t-il dans une interview au Parisien.

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La direction « a peur que le mouvement s’installe » selon la CGT

Interrogé sur le fait de savoir si la situation pourrait « dégénérer », le numéro un de la CGT Cheminots répond « oui, même si on espère garder notre calme ».

Selon lui, ce risque de confrontation est dû aux « sales coups » de la direction qui « a peur que le mouvement s’installe ». Il cite la volonté de la SNCF de vouloir « comptabiliser les jours de repos comme jours de grève », la prime mensuelle de 150 euros proposée à des cadres pour les inciter à conduire des trains, le recours à des « cheminots du Royaume-Uni » ou encore « la possibilité d’effectuer des réquisitions de cheminots, par exemple sur la ligne D du RER ».

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La CGT accuse la direction de tenter de « casser la grève »

« Tout cela a pour but de casser la grève et traduit une perte totale de sang-froid de la part de la direction », dit-il.

Le mouvement s’annonce « extrêmement suivi », poursuit Laurent Brun, selon qui la SNCF « peine à mobiliser des volontaires » pour les « gilets rouges », chargés d’informer les voyageurs. « Il y a deux jours, pour l’Ile-de-France, la direction n’avait que 225 "gilets rouges" (…) alors qu’ils ont besoin de 1.303 », a-t-il affirmé.

« Si une telle mobilisation perdure, ça serait historique ».

Au plan national, la SNCF a annoncé la mobilisation de 3.000 agents volontaires pour aider et orienter les voyageurs en gare.

Evoquant un taux de grévistes de « 83 % » chez les conducteurs - la direction en a recensé 77 % -, le secrétaire général de la CGT Cheminots souligne que « si une telle mobilisation perdure, ça serait historique ».