Ouverture à la concurrence de la SNCF: «Avec Thello on arrive frais, détendu au travail et pas rempli de stress»

TRAIN Depuis le 1er janvier, les abonnés TER en Paca peuvent utiliser les trains italiens Thello entre Nice et Vintimille pour 3 euros de plus sur leur abonnement…

Adrien Max

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Illustration d'un train Thello.
Illustration d'un train Thello. — A. GELEBART / 20 MINUTES
  • De nombreuses personnes qui vivent à Nice et travaillent à Monaco, ou inversement, ont fait le choix d’emprunter les trains italiens Thello plutôt que les TER bondés.
  • Cette expérimentation en place depuis le 1er janvier doit durer un an.

Des TER bondés, souvent en retard et dont les horaires changent tous les trois mois. Voilà le quotidien de certains Niçois qui utilisent la SNCF pour se rendre à leur travail à Monaco ou Vintimille ( Italie), la deuxième ligne la plus empruntée de France, hors région parisienne.

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Jérémy, 29 ans, travaille à Monaco mais vit à Nice. Il n’en peut plus des TER pour se rendre en principauté. « À chaque fois, à la suite d’un changement d’horaire, c’est presque trois mois de galères. Ce n’est pas une exagération, en heure de pointe, ce sont des trains en retards, parfois annoncés, parfois pas du tout. Les trains disparaissent carrément. » Il ajoute :

On est tellement serrés comme des sardines, on n’a même plus à se tenir, c’est le voisin qui nous tient. »

« Sièges confortables, plus grands, avec plus d’espace »

Depuis le 1er janvier dernier, de nouvelles possibilités s’offrent à ces voyageurs quotidiens. La région Paca est parvenue à faire signer un accord à la SNCF et à Thello, filiale française de Trenitalia, compagnie ferroviaire italienne. Une sorte d’avant-goût de la prochaine mise en concurrence des TER, voulue par le gouvernement. « Grâce à cet accord, les abonnés TER des gares de Nice, Monaco et Vintimille peuvent bénéficier des trains Thello pour 3 euros de plus par mois. Il s’agit de la ligne de jour Marseille-Milan, avec trois aller retours par jour », détaille Philippe Tabarot, adjoint délégué aux transports à la région Paca.

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Jérémy n’a pas attendu cet accord financier pour sauter dans le Thello de 8h15 chaque matin.

Cela coûtait 5 euros à chaque trajet. Même si cela reste cher, ce n’est rien en comparaison du confort de voyage obtenu. Sièges confortables, plus grands, avec plus d’espace. Prises électriques, beaucoup moins de monde, en arrivant au travail on est plus détendu », explique le jeune homme.

Tout le monde est gagnant

Lors de l’annonce de l’accord il craignait pour le prix d’abonnement. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il a découvert le prix de 3 euros, alors qu’il était prêt à mettre « 10 ou 15 euros de plus par mois ».

Selon Philippe Tabarot, « 360 Thello ont été utilisés en janvier, le double en février soit près de 550. » Avec les grèves la fréquentation devrait exploser, prédit-il. Ce que confirme Jérémy, qui s’était abonné un seul mois par prudence. « Ca s’est très bien passé, maintenant le Thello est quasi plein le matin, nais tout le monde est assis. Le gros plus c’est qu’il est toujours à l’heure, lui. » Du coup, Jérémy s’est abonné pour 6 mois « car le service est vraiment top ».

Selon l’adjoint aux transports de la région, tout le monde est gagnant :

Cela apporte des voyageurs supplémentaires et des recettes supplémentaires à Thello qui n’avait pas une fréquentation énorme. La SNCF ne contentait pas les usagers, elle offre ainsi une qualité de service supplémentaire et les voyageurs ont plus de possibilités pour leurs voyages. »

Comparer ce qui est comparable

Seul hic, avec l’abonnement aucune place n’est réservée. Jérémy doit donc parfois se lever pour laisser la place à une personne qui a réservé. Cette solution est aussi beaucoup plus pratique le matin pour les horaires (8h15), alors qu’ils sont mois adaptés le soir (15h40 et 19h40).

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Cette expérience est testée sur une année, « on ne connaît pas l’avenir », explique Philippe Tabarot. Mais il faut aussi relativiser et comparer ce qui est comparable : les trains Thello s’apparentent plus à des TGV qu’à des TER, le niveau de service n’est donc pas, logiquement, le même. Peu importe pour Jérémy, « ce qui compte vraiment dans l’histoire, c’est qu’avec le Thello on arrive bien, frais, détendu au travail et pas rempli de stress et ou de colère. »