Universités: Les tensions et les blocages se poursuivent

EDUCATION Les universités de Bordeaux, Nancy, Nantes ou encore Toulouse sont concernées...

20 Minutes avec AFP

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Des étudiants de l'université de Montpellier manifestent contre la réforme de l'enseignement supérieur
Des étudiants de l'université de Montpellier manifestent contre la réforme de l'enseignement supérieur — SYLVAIN THOMAS / AFP

Les incidents et les blocages se multiplient au sein des universités. Et les faits ont pris de l’ampleur après la violente agression contre des étudiants à Montpellier, alors que les examens approchent et que la délicate réforme de l’enseignement supérieur commence à s’appliquer.

« Pour le moment, le mouvement reste très localisé sur certains sites, avec des motivations différentes. La situation est en constante évolution », déclare Franck Loureiro, secrétaire général du Sgen-CFDT, première organisation du personnel de l’enseignement supérieur.

Ça coince à Toulouse, Nantes ou encore Bordeaux

A Toulouse, des sites de l’université Jean-Jaurès (sciences humaines) sont bloqués depuis plusieurs semaines pour protester contre le projet de fusion avec d’autres établissements de la ville et contre la loi sur les modifications d’accès à l’université (loi ORE, Orientation et réussite des étudiants), accusée d’instaurer un système de sélection.

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Le campus de la Victoire, en plein centre de Bordeaux, est bloqué depuis mi-mars. La faculté de lettres de Nancy est également bloquée « jusqu’à ce que Macron retire la loi » ORE, a indiqué à l’AFP Romane Mayer, porte-parole de l’Unef, deuxième syndicat étudiant et opposé à la réforme. Même chose pour l’université Paul-Valéry (Humanités) de Montpellier, où le blocage a été reconduit en AG « pour une durée illimitée ».

A Paris, le site de Tolbiac (université Panthéon-Sorbonne) est fermé depuis lundi et le président de l’établissement, Georges Haddad, dit craindre que la situation « dégénère ». Il n’exclut pas de devoir faire appel à la police. A Rouen, la faculté de sciences humaines est bloquée depuis mercredi par une centaine de jeunes.

A Nantes en revanche, le blocus a été levé ce vendredi, a indiqué l’université. Deux amphis restent occupés à la fac de lettres et les cours ont été transférés sur un autre site.

Un mouvement « imprévisible »

Les violences de Montpellier, dont des images ont circulé sur les réseaux sociaux, ont indigné étudiants et enseignants. La ministre a elle-même qualifié les faits d'« inadmissibles ».

Le président de la Fage remet toutefois en cause « la légitimité » des AG, « qui votent à quelques centaines d’étudiants le blocage d’universités comptant des milliers de personnes ».

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Une procédure « classique » lors des mobilisations étudiantes, selon Franck Loureiro, du Sgen-CFDT, qui évoque « une grande majorité silencieuse qui veut avoir cours et passer ses examens, et une minorité agissante ».

Il juge « imprévisible » la suite du mouvement mais craint une exacerbation des tensions, alors qu’approchent les examens prévus fin avril et courant mai. « Il risque d’y avoir des tensions entre ceux qui veulent passer leurs examens et ceux qui bloquent les salles. C’est dans ces moments-là que la situation peut déraper », dit-il.