VIDEO. Trois poignées, pilote automatique… Comment conduit-on le plus gros paquebot du monde?

SYMPHONY OF THE SEAS On a visité la passerelle du «Symphony of the seas», présenté par le commandant comme le « cerveau du navire »…

Julie Urbach

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Le Symphony of the Seas
Le Symphony of the Seas — L. Venance/ AFP
  • Derrière ses dimensions impressionnantes, le Symphony of the seas cache une technologie de navigation de pointe, qui le rend encore plus maniable que les précédents bateaux de sa classe.
  • Un système qui n'empêche pas l'obligation d'une présence humaine, et ce 24h sur 24.

De notre envoyée spéciale sur le Symphony of the Seas,

Évidemment, c’est interdit d’y toucher. Mais le dispositif étonne par son apparente simplicité. Alors que 20 Minutes a participé à la première mini-croisière inaugurale du Symphony of the Seas, le plus gros paquebot du monde fabriqué aux chantiers navals de Saint-Nazaire, on a pu visiter le poste de commandement. Un espace d’habitude peu fréquenté des passagers, tant le lieu (où le silence tranche avec l’ambiance du reste du navire) est stratégique.

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« Vous êtes ici dans son coeur, dans son cerveau », commence Rob Hempstead, le capitaine (ou commandant) de ce géant des mers, qui appartient à l’armateur américain Royal Carribean. Et se contrôle notamment grâce à trois grosses poignées, et un pilote automatique.

La passerelle du Symphony of the seas
La passerelle du Symphony of the seas - J. Urbach/20 minutes

Une technologie de pointe

Contrairement à ce que l’on peut penser, les  dimensions monstrueuses du paquebot (dont la puissance atteint 127.000 chevaux) ne rendent pas la tâche plus compliquée, au contraire. Dans ce grand espace, situé sur une aile qui ressort pour avoir une vue d’ensemble, se cache une technologie de pointe, qui évolue à chaque nouveau navire. « Grâce à ces manettes, on agit sur les trois “pods”, [moteurs à hélices électriques situés sous le bateau], explique Rob Hempstead. Ce système de propulsion a grandement amélioré la maniabilité : on peut les utiliser séparément ou tous ensemble, ce qui permet de pivoter à 360 degrés si on le souhaite. »

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Derrière, une carte est affichée sur un écran, et une ligne en pointillé rouge semble indiquer l’itinéraire. « C’est le pilote automatique, confirme le commandant. Il suit la trace que l’on a défini. On modifie la ligne si on veut le faire dévier. » Ce qui n’empêche évidemment pas d’avoir une présence humaine, et ce 24h sur 24.

Jumelles et arrêt d’urgence

Quand la météo est belle, et que le Symphony vogue tranquillement à 15 nœuds environ (moins de 25 km/h) seuls 3 ou 4 « veilleurs » se positionnent dans le reste de ce lieu, qui offre une vue panoramique. Munis de leurs jumelles, ils doivent aussi avoir un œil sur toutes les informations nécessaires à la navigation, qui s’affichent en permanence. Une équipe qui monte jusqu’à 7 personnes lors de manœuvres un peu plus compliquées (et notamment les entrées et sorties des ports), ou de conditions climatiques difficiles. Mais les situations de danger sont rares, tout est anticipé.

La passerelle du Symphony
La passerelle du Symphony - J. Urbach/20 minutes

« Les essais en mer ont été très importants, continue le capitaine. On a vu jusqu’à quelle vitesse on pouvait aller, on a réalisé des arrêts d’urgence et dans de bonnes conditions, on peut le faire en 700 mètres, soit deux fois la taille du bateau. J’avais évidemment suivi toutes les étapes de la construction à Saint-Nazaire. »

Un matelas de bulles d’air

Et notamment la réalisation de la coque, qui a été encore « optimisée ». « Piloter le Symphony, c’est avoir l’impression de glisser, explique le capitaine. Sa forme a été dessinée pour être la plus aérodynamique possible ». Comme chez son prédécesseur, des injecteurs ont été installés afin de générer des petites bulles. Un matelas d’air qui permettrait au navire d’être moins résistant à l’eau, et ainsi de limiter la consommation de carburant, qui se compte en centaines de tonnes, par jour.

La passerelle du Symphony of the seas
La passerelle du Symphony of the seas - J. Urbach/20 minutes

« Le fait qu’il soit très large fait qu’il ne tangue pas », ajoute Rob Hempstead. On confirme, on n’a jamais été malade et quasiment pas senti bouger le paquebot, sauf lors du départ. Jusqu’à même parfois oublier que nous étions sur l’eau.

Ce reportage a été réalisé dans le cadre d’une invitation de la compagnie Royal Carribean à une mini-croisière de 48h entre Malaga et Barcelone.