La Poste: La ministre du Travail Muriel Pénicaud autorise le licenciement d'un syndicaliste

EMPLOI Le syndicaliste a dénoncé une décision « politique » destinée à « bâillonner une partie du personnel »…

20 Minutes avec agences
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La Poste. (Illustration)
La Poste. (Illustration) — V. WARTNER / 20 MINUTES V. WARTN

La Poste pourra licencier Gaël Quirante. La ministre du Travail a autorisé le renvoi pour faute grave du responsable syndical, demandé depuis 2010 par le groupe et jusqu’alors refusé par l’Inspection du travail.

Gaël Quirante, du syndicat SUD Poste, est accusé d’avoir participé à la séquestration de cadres du groupe, dans le cadre d’une grève qui avait duré plus de deux mois en 2010. Un préavis de grève, déposé par le syndicat majoritaire Sud Poste 92 pour la journée de lundi, a été reconduit mardi.

Plusieurs avis négatifs

Dans un communiqué, Sud Poste rappelle que cette autorisation de licenciement est contraire à un « avis de l’Inspection du travail » et à des conclusions de la « contre-enquête » réalisée par la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi). Ces deux avis établissaient « un lien » entre la demande de licenciement et « les mandats exercés » par le syndicaliste.


En 2010, l’Inspection du travail avait refusé une première fois le licenciement du syndicaliste. Xavier Bertrand, alors ministre du Travail, et le tribunal administratif avaient confirmé cette décision après un premier recours de La Poste. En 2013, la Cour administrative d’appel de Versailles a annulé ces décisions, renvoyant la procédure au point de départ.

Volonté de « bâillonner une partie du personnel »

Pour Gaël Quirante, cette décision « politique » est destinée à « bâillonner une partie du personnel ». « À aucun moment la décision de la ministre ne revient sur le caractère discriminatoire », a-t-il déclaré. Plusieurs personnes se sont rassemblées ce lundi devant le ministère du Travail pour protester contre cette décision.



Présent au rassemblement, le porte-parole du NPA Olivier Besancenot a dénoncé « une décision particulièrement injuste et lourde de sens pour tout salarié qui demain sera appelé à lutter, à résister, à faire grève ou tout simplement à l’ouvrir ». Jean-Luc Mélenchon s’en est pris à la ministre du Travail Muriel Pénicaud, « à l’image de la violence de classe qu’elle incarne ».