Référendum sur l'indépendance en Nouvelle-Calédonie: Philippe trouve un «compromis» au bout de la nuit

NOUVELLE-CALEDONIE En choisissant les deux termes de « pleine souveraineté » et d'« indépendance », le chef du gouvernement a tenté de concilier les positions...

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe, Premier ministre.//SIPA_10130351/Credit:Franck CRUSIAUX-POOL/SIPA/1802231017
Edouard Philippe, Premier ministre.//SIPA_10130351/Credit:Franck CRUSIAUX-POOL/SIPA/1802231017 — SIPA

La formulation de la question du référendum du 4 novembre a été tranchée.

Les électeurs diront s'ils veulent «que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante».

Ce choix été adopté après plus de quinze heures de réunion.

A près de sept mois du référendum sur l’indépendance, les élus de Nouvelle-Calédonie sont parvenus au terme d’une réunion marathon et au bout de la nuit à un « compromis » sur la formulation de la question qui sera posée le 4 novembre, une solution « proposée » par Edouard Philippe.

La question, a annoncé le Premier ministre lors d’une déclaration nocturne à la presse vers 1h30 du matin mercredi, sera la suivante : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? », avec un bulletin « oui » et un bulletin « non ».

Une formulation au « sens politique profond »

Ce choix, qu’Edouard Philippe a indiqué avoir « proposé » au terme de discussions « directes » et « franches », a été adopté après plus de quinze heures de réunion du 17e comité des signataires de l’accord de Nouméa, dont une phase finale de plus de sept heures à Matignon.

La formulation, qui va être soumise au Conseil d’Etat en vue de l’examen du décret convoquant les électeurs, « a un sens politique profond : elle permet à chacune des forces politiques de se positionner clairement », a fait valoir le Premier ministre, au côté des élus calédoniens et de la ministre des Outre-mer Annick Girardin.

En choisissant les deux termes de « pleine souveraineté » et d'« indépendance », le chef du gouvernement a en effet tenté de concilier les positions, avant la visite d’Emmanuel Macron dans l’archipel français du Pacifique, attendue début mai.

« On aurait été lamentables d’arriver à ce référendum avec un désaccord »

Les indépendantistes du FLNKS souhaitaient que la question fasse référence à la « pleine souveraineté » et pas à l’indépendance, mais une partie de la droite loyaliste souhaitait que les choix soient posés entre « indépendance » et « maintien dans la France ».

« Les membres du comité des signataires considèrent que cette formulation, qui est un compromis, est conforme aux principes de clarté, de loyauté et de sincérité », est-il écrit dans le relevé des conclusions du comité des signataires de l’accord de Nouméa, qui se réunissait pour la 17e fois depuis la négociation de cet accord de décolonisation en 1998.

« On aurait été lamentables, indépendantistes comme anti-indépendantistes d’arriver à ce référendum avec un désaccord sur la manière dont la question devait être libellée », a souligné le député UDI Philippe Gomès, président de Calédonie Ensemble, principal parti loyaliste. « Finalement tout le monde a pu s’y retrouver, tant mieux pour notre pays », s’est-il réjoui.

Craintes de frustrations et de désordres au sein de la communauté kanak

« Ce qui est important pour nous c’est que les Calédoniens aient clairement le choix sur le terme d’indépendance et pas uniquement de pleine souveraineté qui était moins compréhensible », a déclaré Sonia Backès, cheffe de file des Républicains calédoniens (droite loyaliste).

Plus qu’une indépendance jugée peu probable, c’est la perspective de frustrations et de désordres au sein de la communauté kanak, notamment parmi la jeunesse, qui suscite des inquiétudes, trente ans après les violents affrontements des années 80 qui puisaient leurs racines dans les conflits entre indépendantistes et loyalistes.