Santé: La sensibilité aux ondes électromagnétiques, une souffrance qui doit être prise en charge

SANTE L’existence de l'électrohypersensibilité fait débat entre une communauté médicale sceptique face à une pathologie qui ne se définit que par l’autodéclaration des personnes qui en souffrent...

20 Minutes avec AFP

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Une jeune femme utilisant son téléphone portable
Une jeune femme utilisant son téléphone portable — SERGE POUZET/SIPA

Il n’existe pour l’heure pas de « preuve » de lien entre l’électrohypersensibilité (EHS) et l’exposition aux ondes électromagnétiques. Toutefois, les électrosensibles souffrent et doivent être pris en charge, estime un rapport de l’agence sanitaire Anses salué comme une avancée par des associations.

L’existence même de l’EHS fait débat entre une communauté médicale sceptique face à une pathologie qui ne se définit que par l’autodéclaration des personnes qui en souffrent et des patients qui mettent en avant des symptômes handicapants.

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Maux de tête, troubles du sommeil, nausées, irritabilité, fourmillements dans les doigts ou encore problèmes cutanés : l’Anses répertorie des dizaines de symptômes, plus ou moins courants, que les électrosensibles attribuent à leur exposition aux radiofréquences des téléphones portables, antennes relais et autre wifi.

« On ne parle plus d’un effet nocebo »

« Il n’existe pas de critères de diagnostic de l’EHS validées à ce jour », note l’Anses dans cet avis publié mardi. Mais « quoi qu’il en soit, les plaintes (douleurs, souffrance) formulées par les personnes se déclarant EHS correspondent à une réalité vécue ».

« C’est une avancée. On ne parle plus d’un effet nocebo exclusif », a indiqué à l’AFP le président de l’association Robin des Toits, Pierre-Marie Theveniaud, avant d’avoir pris connaissance de l’intégralité du rapport.

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L’effet nocebo, à l’inverse du placebo, est causé par la suggestion ou la crainte que l’exposition à un médicament ou à des facteurs environnementaux est nuisible.

L’Anses estime que cet effet « joue certainement un rôle non négligeable dans la persistance de l’EHS », mais qu’il n’exclut pas « une affection organique non identifiée ».

« Un certain mépris »

Au-delà du constat des souffrances, les experts recommandent « une prise en charge adaptée par les acteurs des domaines sanitaire et social » pour des patients qui subissent en plus parfois un « isolement psycho-social » en décidant de changer de mode de vie voire en déménageant dans des zones rurales isolées.

Les patients se trouvent parfois face à des médecins peu à l’écoute. Le rapport met en avant le « besoin de reconnaissance » exprimé dans les témoignages des patients et leur « désir d’être pris au sérieux » par des médecins qui peuvent privilégier « une approche psychologisante du problème », accompagnée « d’un certain mépris » à l’égard des personnes venant les consulter.

« C’est un pas dans la bonne direction. Il faut maintenant que le lien de causalité soit reconnue », a de son côté estimé Jeanine Le Calvez, vice-présidente de l’association Priartém-Electrosensibles de France.

Un pas que ne franchit pas l’Anses. « Aucune preuve expérimentale solide ne permet actuellement d’établir un lien de causalité entre l’exposition aux champs électromagnétiques et les symptômes décrits par les personnes se déclarant EHS », concluent les experts qui ont examiné l’ensemble de la littérature disponible sur le sujet.