Greenpeace va porter plainte contre la députée LREM Perrine Goulet pour «incitation au meurtre»

CENTRALES NUCLEAIRES La députée LREM de la Nièvre a évoqué la possibilité de « tirer » en cas d’une intrusion dans une centrale nucléaire…

20 Minutes avec agences
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Des militants de Greenpeace s'étaient introduits dans la centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle, en octobre 2017.
Des militants de Greenpeace s'étaient introduits dans la centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle, en octobre 2017. — SIPA

Ses propos ne passent pas auprès de Greenpeace. La députée LREM Perrine Goulet a recommandé de « tirer » en cas d’intrusion dans une centrale nucléaire, comme l’ont déjà fait des militants de l’ONG. Celle-ci a annoncé ce lundi porter plainte contre l’élue pour « incitation au meurtre ».

Elle doit être déposée en fin de semaine ou en début de semaine prochaine, a précisé une porte-parole de Greenpeace.



« C’est un délit de rentrer sur une centrale »

« Pourquoi nous ne ferions pas un peu comme aux Etats-Unis ? Avec une sécurisation par mirador et possibilité effectivement de ne pas se poser de questions et quand il y a une intrusion, de tirer », s’était ainsi interrogée jeudi dernier Perrine Goulet, membre de la commission d’enquête sur la sûreté nucléaire, lors d’une audition du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.

« Il suffit d’avoir le panneau Greenpeace ou d’appeler avant, parce que Greenpeace le fait quand ils rentrent » dans une centrale, avait-elle argumenté. « Je pense qu’à un moment il va falloir ne plus distinguer puisque c’est un délit de rentrer sur une centrale nucléaire (…) Il y a des forces de sécurité, elles doivent intervenir et ne pas se poser de questions, peut-être que ça dissuadera », avait ajouté la députée de Nièvre.

Des propos « graves et indignes »

« Ces propos sont graves et indignes d’une élue de la République. Suggérer de tirer sur des militants non violents ne résoudra en rien le manque de sécurité dans les centrales nucléaires d’EDF », s’est offusqué Jean-François Julliard, dans un communiqué.

Le directeur général de Greenpeace France a justement précisé que les militants de l’ONG s’introduisent dans les centrales « pour dénoncer les failles de sécurité de ces installations », poursuit-il.

Deux intrusions récentes

« Je n’ai évidemment jamais appelé au meurtre de militants d’ONG », a réagi Perrine Goulet dans un communiqué. « J’ai évoqué la possibilité d’étudier le recours à des tirs de sommation ou d’immobilisation à l’encontre d’intrus pénétrant sur des sites nucléaires et qui, à l’inverse de Greenpeace, ne se seraient pas identifiés en amont des périmètres ultra-sécurisés », poursuit-elle.





Les propos de Perrine Goulet font écho aux condamnations, fin févier, à du sursis ou de la prison ferme de huit militants de Greenpeace qui s’étaient introduits sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) en octobre. Une autre intrusion de Greenpeace a eu lieu sur le site nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) en novembre.