Une pétition demande que «l'interdit sexuel» médecin-patient soit inscrit dans le Code de déontologie médicale

SANTE Les signataires estiment que la relation thérapeutique crée «une vulnérabilité bien connue appelée amour de transfert»...

20 Minutes avec AFP

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Un médecin ausculte une patiente, à Godewaersvelde, dans le nord de la France, le 25 septembre 2012
Un médecin ausculte une patiente, à Godewaersvelde, dans le nord de la France, le 25 septembre 2012 — Philippe Huguen AFP

Une pétition lancée mardi par des médecins et des féministes demande au gouvernement que l’interdiction faite aux praticiens d’avoir des relations sexuelles avec leurs patientes et patients soit officiellement inscrite dans le Code de déontologie médicale.

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« Un patient n’est pas un simple adulte libre de ses choix. La relation thérapeutique crée une vulnérabilité bien connue appelée amour de transfert », estiment ses premiers signataires, dont Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France, Irène Frachon, pneumologue qui a révélé le scandale Mediator, Marilyn Baldeck de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail, la dessinatrice Pénélope Bagieu, ou la psychiatre Muriel Salmona.

« Empêcher de nuire les rares prédateurs sexuels qui menacent la corporation »

S’appuyant sur les témoignages de trois femmes qui disent avoir été abusées sexuellement par leur psychiatre, ils demandent à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, que soit ajouté un nouvel article au Code de déontologie médicale ainsi rédigé : « Le médecin doit s’interdire toute relation sexuelle avec les patients dont il a la charge ».

Si les psychiatres sont les plus exposés, une situation identique peut exister avec un médecin généraliste ou avec d’autres spécialistes, font-ils valoir. Selon eux, « si le Serment d’Hippocrate reste essentiellement symbolique et n’est pas opposable au médecin, le Code de déontologie médicale est validé par décret ministériel et s’impose réglementairement aux médecins, passibles de poursuite devant leur Ordre s’ils l’enfreignent ».

L’opération « n’est pas destinée à jeter l’opprobre sur une profession qui fait la preuve au quotidien du dévouement et de la probité de l’immense majorité de ses membres. Il s’agit d’empêcher de nuire les rares prédateurs sexuels qui menacent toute une corporation », est-il précisé.

« Une quarantaine d’affaires de ce type » en 10 ans

« Ce qui est étonnant, c’est que cet interdit ne figure pas déjà dans les textes », juge le médecin généraliste et romancier Baptiste Beaulieu, signataire.

Les chiffres officiels manquent. Dans un rapport réalisé en 2000, intitulé « Pratique médicale et sexualité », le Conseil national de l’ordre des médecins indiquait que sa section disciplinaire avait « eu à connaître une quarantaine d’affaires de ce type au cours des dix dernières années ».

« L’incidence de ces écarts est difficile à évaluer. Elle est en augmentation apparente, entraînant des sanctions aggravées, probablement en raison d’une évolution vers une moindre tolérance à la fois des victimes, du public et du corps médical », est-il ajouté dans ce texte, consulté par l’AFP, qui précise que « psychiatres et gynécologues seraient plus exposés que d’autres ».