VIDEO. Attaques à l'université de Montpellier: «La sécurité n'a pas été assurée», s'insurge un étudiant de la faculté de droit

UNIVERSITE Tandis que deux inspecteurs du ministère mènent l’enquête, « 20 Minutes » est allé à la rencontre des étudiants, dont la faculté de droit de Montpellier est fermée, quatre jours après les violences survenues dans un amphithéâtre…

Nicolas Bonzom

— 

Les étudiants ont demandé la reprise des cours ce lundi à la faculté de droit.
Les étudiants ont demandé la reprise des cours ce lundi à la faculté de droit. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Plusieurs centaines d’étudiants se sont rassemblés pour demander la reprise des cours, ce lundi, devant les portes closes de la faculté de droit de Montpellier.
  • L’université est fermée depuis les violences, perpétrées la semaine dernière.
  • Tous condamnent les faits, et se disent choqués par ce qui s’est passé.

La faculté de droit est dans la tourmente, à Montpellier, depuis les violences perpétrées dans la nuit de jeudi à vendredi, au sein de l’université :  un commando masqué, armé de planches de bois, a déboulé dans un amphithéâtre, occupé par des étudiants, en droit, mais aussi en lettres, issus de Paul-Valéry, opposés aux réformes du gouvernement.

>> A lire aussi : Un commando armé et masqué fait irruption dans la faculté de droit de Montpellier

Blessés, visages en sang, insultes… Les images diffusées sur les réseaux sociaux ont choqué, et entraîné l’ouverture d’une enquête de police, mais aussi administrative, pour tenter de savoir qui sont ces individus cagoulés. Ce lundi, deux inspecteurs de l’Education nationale ont atterri à Montpellier, pour mener les investigations internes.

Deux inspecteurs du ministère sont arrivés à Montpellier

« La mission qui nous a été confiée, c’est de faire toute la lumière sur les événements et tenter d’identifier tous les éléments qui ont favorisé et rendu possible ces intrusions, confie l’inspectrice Françoise Boutet-Waiss. Nous en sommes au démarrage de l’enquête, pour l’instant, nous n’en savons pas plus que ce qui a été diffusé dans la presse et sur les réseaux sociaux. » Leur rapport sera rendu public, et devrait permettre d’en savoir peut-être un peu plus sur les circonstances de cette expédition punitive.

En attendant, les grilles de l’université sont closes, depuis vendredi matin. Et ce lundi, plusieurs centaines d’étudiants en droit et en sciences politiques se sont rassemblés, pour demander la reprise des cours. Car disent-ils, la fin de l’année arrive à grands pas.

Les étudiants ont demandé la reprise des cours ce lundi à la faculté de droit.
Les étudiants ont demandé la reprise des cours ce lundi à la faculté de droit. - N. Bonzom / Maxele Presse

« Ce qu’il se passe, c’est très pénalisant »

« Cette fermeture, on la vit mal, témoigne Émilie, étudiante en 3e année de droit. Nous sommes déjà à la fin du mois de mars, les partiels arrivent. Tout va être condensé, ça va être super dur de tout réviser. Mais ça ne veut pas dire qu’on est contre ou pour les réformes, peu importe. Ce que l’on veut, c’est travailler. » « On veut passer notre année, on veut réussir », reprend Simon, étudiant en première année dans la même filière.

« On veut que la faculté rouvre, reprend Kaïssa, en master I de droit public des affaires. Dans un mois, on passe nos examens. Cette période-là, un mois avant, c’est la période où on se donne à fond, c’est très intensif… Ce qu’il se passe, c’est très pénalisant. »

« La sécurité n’a pas été assurée »

Si la reprise des cours « dans la sérénité » était la principale revendication des étudiants en droit, ce lundi, les violences commises dans la nuit de jeudi à vendredi étaient sur toutes les lèvres. « Comment un groupe cagoulé peut-il rentrer dans une faculté, alors que les étudiants sont régulièrement fouillés à l’entrée ? », se demandent certains. « Qui sont-ils ? », questionnent d’autres. Ici, tous condamnent ce déchaînement de violences, qui a semé la terreur, dans un amphithéâtre. « Des rumeurs disent que des étudiants et des professeurs auraient pu participer. On ne sait pas », glisse un étudiant, abasourdi.

>> A lire aussi : Le doyen de l’université démissionne après l’irruption d’un commando armé

Pour Jean-Gabriel, étudiant en droit, c’est clair : « la sécurité n’a pas été assurée ». « On est atterré par ce qu’il s’est passé, que des individus aient pu rentrer », témoigne-t-il. « On est choqué, on est craintif, forcément », reprend une jeune femme. Pour l’heure, rien ne permet d’affirmer qui sont les hommes derrière les cagoules, s’ils sont des habitués de la faculté, ou extérieurs. Ni s’ils sont rentrés par effraction, ou par d’autres moyens.

« Quand on a vu les amalgames qui ont été faits, quand on traite les étudiants de la faculté de droit de nazis ou de fascistes, ça fait très mal », s’indigne un avocat et professeur de droit. L’université de Montpellier devrait indiquer dans la journée, ce lundi, si les cours reprennent mardi, ou si l’ouverture des grilles du campus est encore repoussée.

Edit : L'université a indiqué qu'elle maintenait fermée la faculté de droit ce mardi. « La réouverture interviendra une fois la situation complètement apaisée et lorsque les conditions de sécurité seront remplies pour garantir l’accueil des étudiants et des agents. L’administrateur provisoire œuvre pour que la fermeture ait le moins d’incidences possibles sur l’organisation des partiels et des examens. »