Attaques terroristes dans l'Aude: Radouane Lakdim, le «petit délinquant» soupçonné d’en être l’auteur

TERRORISME L’homme a été abattu lors de l’assaut du supermarché de Trèbes, dans l’Aude, dans lequel il retenait un lieutenant-colonel de gendarmerie…

Caroline Politi

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Des policiers bloquent une rue à Trèbes en raison d'une prise d'otages, vendredi 23 mars.
Des policiers bloquent une rue à Trèbes en raison d'une prise d'otages, vendredi 23 mars. — AP/SIPA

Son équipée meurtrière aura duré plus de quatre heures. Vendredi, peu après la fin de la prise d’otages du supermarché de Trèbes, dans l’Aude, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a confirmé l’identité du principal suspect, Radouane Lakdim. L’homme, âgé de 26 ans et originaire de Carcassonne, a été abattu lors de l’assaut mené par l’antenne toulousaine du GIGN. Il est soupçonné d’avoir tué trois personnes, deux dans le magasin et un automobiliste, et d’en avoir blessé cinq autres, dont trois se trouvent actuellement en « urgence absolue ».

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Fiché S

Le tireur présumé n’était pas un inconnu des services de police. Qualifié de « petit délinquant » par le ministre de l’Intérieur lors d’une conférence de presse, Radouane Lakdim était connu pour des faits de droit commun. Selon le procureur de la République de Paris, François Molins, il a été condamné à un mois de prison avec sursis en 2011 pour « port d’arme prohibé » et à un mois de prison en 2015 pour « usage de stupéfiants ». Peine qu’il a effectué en 2016.

Il était également fiché « S » depuis 2014 en raison de sa radicalisation et de son appartenance à la mouvance salafiste. En 2016 et 2017, il fait l’objet d’une surveillance rapprochée qui « n’a pas permis de mettre en évidence aucun signe de précurseur de passage à l’acte terroriste ».

Moins d’une heure après l’assaut du GIGN, l’organisation terroriste Etat islamique a revendiqué l’attaque dans un communiqué. « L’homme qui a mené l’attaque de Trèbes, dans le sud de la France, est un soldat de l’État islamique, qui a agi en réponse à l’appel » de l’organisation « à viser les pays membres de la coalition », ont indiqué les djihadistes. Un des témoins de la prise d’otage a indiqué l’avoir entendu crier « Allahou Akbar » avant d’ouvrir le feu dans le magasin.

Un proche en garde à vue

Le ministre de l’Intérieur a précisé que Radouane Lakdim a « agi seul » mais l’enquête, qui n’en est qu’à ses balbutiements, s’attache à mettre en lumière d’éventuelles complicités. Un proche du suspect a été placé en garde à vue ce vendredi soir pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, a indiqué le procureur de Paris.

Le parcours meurtrier de Radouane Lakdim démarre à Carcassonne, près de la cité médiévale. Il est près de 10 heures lorsqu’il attaque des automobilistes, blesse très grièvement un conducteur et abat son passager. Leur véhicule lui a ensuite permis de poursuivre son projet sanglant. Vers 11 heures, il ouvre le feu depuis la voiture sur quatre CRS qui revenaient d’un jogging et s’approchaient de la caserne de Carcassonne. Il tire à six reprises, touchant un des fonctionnaires à l’épaule.

Vers 11h15, l’homme pénètre dans le supermarché et ouvre, semble-t-il, presque instantanément le feu. Deux personnes sont tuées. Pour évacuer la cinquantaine de clients et employés qui se trouvaient sur les lieux, le lieutenant-colonel Beltrame propose d’échanger sa place contre celle des otages. L’assaut est donné près de trois heures plus tard par l’antenne de Toulouse du GIGN après que des tirs ont été entendus. Redouane Lakdim est abattu. Le lieutenant-colonel, très grièvement blessé, a été héliporté vers l’hôpital le plus proche. Deux gendarmes du GIGN ont également été blessés, dont un par balles.

Une enquête pour « assassinat », « tentative d’assassinat » et « séquestration » en relation avec une entreprise terroriste a été ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris.​ Le procureur de la République de Paris, François Molins se rend sur place. L’enquête a été confiée à la sous-direction antiterroriste (SDAT), la DGSI et la PJ de Montpellier (DIPJ).