VIDEO. Montpellier: Un commando armé et masqué fait irruption dans la fac de droit

VIOLENCES Une enquête administrative a été diligentée après l’intrusion violente d’un groupe qui a blessé au moins trois étudiants qui occupaient un amphithéâtre…

C.D.

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Intervenue à l'extérieur de l'université, la police a pris en charge trois blessés.
Intervenue à l'extérieur de l'université, la police a pris en charge trois blessés. — BERTRAND GUAY / AFP
  • Un commando masqué et armé de planches de bois est arrivé jeudi soir vers 23h30 dans la faculté de droit.
  • Il s’en est pris violemment et a blessé plusieurs étudiants rassemblés après la manif' contre les réformes du gouvernement.
  • « On veut savoir comment ce commando a pu entrer alors qu’on a été plusieurs fois fouillés et contrôlés hier à l’entrée », réclament les étudiants pris à partie.

La vidéo tourne sur les réseaux sociaux. Elle montre l’irruption violente, jeudi soir vers 23h30, d’un commando masqué et armé de planches de bois dans la faculté de droit de Montpellier.

« Plusieurs étudiants ont été blessés, des insultes à caractères racistes et homophobes ont été proférées », ont dénoncé, dans un communiqué conjoint, des organisations syndicales parmi lesquels la CGT, FO, la FSU et Solidaires.

Contactée par 20 Minutes, la rectrice, Béatrice Gille, « condamne avec fermeté les actes de violence ». Elle se dit « très attentive à la situation » et entend « suivre de près l’enquête menée par l’inspection générale de l’administration du ministère de l’ Education nationale ».

Dès lundi, l’inspection générale doit en effet se rendre sur place « pour que toute la lumière puisse être faite sur les faits qui ont permis à ce groupe d’individus de s’introduire au sein de l’établissement », a indiqué la ministre de l’Éducation nationale, Frédérique Vidal, qui s’engage dans un communiqué à prendre par la suite « l’ensemble des décisions qui s’imposent, en engageant le cas échéant, des poursuites judiciaires ».

D’ici là, le président de l’université, Philippe Augé, a décidé de fermer la faculté. Il affirme aussi avoir déposé plainte contre X.

Trois blessés pris en charge

La préfecture a de son côté parlé « d’échauffourées entre étudiants » à l’intérieur de la faculté, précisant que la police était intervenue à l’extérieur dans le cadre d’un « trouble à l’ordre public » et pour prendre en charge trois blessés. Selon le  Métropolitain, qui a relayé tôt l’information vendredi matin, quatre étudiants ont été blessés par le commando qui « a tabassé et expulsé manu militari des étudiants qui avaient interdiction de squatter cet amphi ».

Des étudiants s’étaient rassemblés dans un amphithéâtre après la journée de mobilisation contre les réformes Macron, qui avaient rassemblé à Montpellier 1.000 à 2.000 étudiants selon l’AFP.

« Sit-in pacifique »

Qui a permis à ce commando de pénétrer dans cet amphi ? La question agite les réseaux sociaux et les étudiants, qui ont organisé vendredi à la mi-journée un « sit-in pacifique » devant la faculté de droit, située dans le centre-ville.

« Nous sommes là pour dénoncer les violences de cette nuit et le fait que le doyen n’ait donné aucune explication, témoigne Maria Aït Ouariane, étudiante en double licence de sciences politiques et de philosophie. On veut savoir comment ce commando a pu entrer alors qu’on a été plusieurs fois fouillés et contrôlés hier à l’entrée. Même des étudiants qui étaient contre le blocus sont là. »

La LDH demande au doyen de s’expliquer

Dans un communiqué, la LDH 34 a demandé également au doyen de la faculté de droit de Montpellier « d’expliquer l’intervention d’hommes cagoulés et armés, aux côtés des vigiles de la faculté pour expulser dans la violence une assemblée générale d’étudiants ». L’association demande en outre « l’ouverture d’une enquête concernant la mise en place d’une milice privée, intervenant de façon coordonnée, avec armes et violences afin d’effectuer une expulsion illicite ».

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Nos confrères du Métropolitain ont aussi relaté une rixe qui a eu lieu au même moment, dans la rue cette fois, devant l’entrée principale de la faculté de droit. Les policiers de la Sécurité publique sont intervenus vers minuit, mais ils n’ont pas pu pénétrer dans le bâtiment. De fait, il faut pour cela l’autorisation du recteur ou du doyen de l’université.

Depuis mi-février, des étudiants bloquent l’université montpelliéraine de lettres Paul-Valéry. Ils protestent contre la nouvelle loi portant sur les règles d’accès à l’université.