Marseille: «Des objets vont voler par les fenêtres», prévient un voisin du local identitaire

SOCIETE Le Navarin, un « bastion social » identitaire doit ouvrir ce samedi à Marseille tandis qu’une manifestation pour sa fermeture est prévue en même temps…

Adrien Max

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Le local ou va ouvrir le « bastion social » à Marseille.
Le local ou va ouvrir le « bastion social » à Marseille. — Adrien Max / 20 Minutes
  • Le Navarin, un local du « bastion social » doit ouvrir ce samedi à Marseille.
  • Il regroupe des militants néofascistes menant des actions symboliques, et parfois violentes.
  • Une manifestation réclamant la fermeture du local est prévue samedi des Réformés au Vieux-Port.

À quelques pas du Vieux-Port, peu de gens sont au courant qu’un « bastion social » ouvrira ce samedi au 45 rue fort Notre-Dame, dans le VIIe arrondissement de Marseille. Pourtant c’est bien dans cette rue tranquille que vont s’installer des militants néo- fascistes issus du Groupe Union Défense (GUD), ou de l’Action Française (AF). Le nom du local doit s’appeler « Navarin », du nom de la rue où se trouve justement le local de l’AF.

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D’autres locaux de ce type ont déjà ouvert à Lyon ou Strasbourg, créant des remous dans le quartier. Ils s’inspirent notamment de CasaPound, mouvement néofasciste italien qui manifeste contre l’Union Européenne ou l’immigration.

Jeunes, déterminés et violents

Ces militants sont souvent jeunes et déterminés, et apprécient les actions symboliques. Cédric Bottero, responsable de Visa 13, structure intersyndicale engagée contre l’extrême droite, précise :

« Ils sont issus de groupes connus mais c’est une frange plus jeune et plus radicale. Ils aiment mener des actions comme la distribution de soupe au cochon, ou de plat à base de porc à destination des SDF français ou européens. »

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Derrière ces actions « sociales », les militants n’hésitent pas à faire usage de la violence. À Strasbourg, un couple homosexuel s’était fait agresser le soir de l’inauguration de leur local. Pourtant, à quelques heures de l’inauguration, peu d’habitants du quartier sont au courant. « Je ne savais pas précisément ce qui allait ouvrir. Quand des gens veulent s’installer quelque part, ils y arrivent toujours. Nous sommes dans une démocratie, c’est normal qu’ils s’expriment même si je préférerais que ces idées n’existent pas », explique Dominique.

« Des objets vont voler par les fenêtres »

Claudine a toujours vécu dans le quartier, elle tient un commerce à deux pas du futur local, dont elle a appris l’existence par des affiches. « C’est un quartier assez tranquille, mais c’est évident que ça va engendrer des rixes. On ne se laissera pas faire, on s’était mobilisé quand il y avait des problèmes avec les gens qui venaient fouiller les poubelles du supermarché », se remémore-t-elle.

Des affiches annonçant la manifestation contre l'ouverture du « bastion social ».
Des affiches annonçant la manifestation contre l'ouverture du « bastion social ». - Adrien Max / 20 Minutes

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Abdelkader vit juste en face, lui aussi explique que le quartier est très solidaire.

« Ici il y a des Malgaches, des Arabes, des Chinois. Lorsqu’il y a du bruit à cause de la boîte de nuit, on descend pour leur demander de faire moins fort. Si cela ne se calme pas, on ne se laisse pas faire. Prévenez-les que s’il y a des problèmes, des objets vont voler par les fenêtres », plaisante-t-il, à moitié.

Arrêté préfectoral et manifestation

Pour faire face à cette ouverture, de nombreuses associations et syndicat ont prévu de manifester samedi des Réformés jusqu’au Vieux-Port, à partir de 15 heures.

« Nous souhaitons être les plus nombreux et les plus pacifistes possible afin d’obtenir la fermeture pure et simple de ce lieu. Ce rassemblement va aussi nous permettre de déterminer d’autres actions et d’autres recours possibles pour la fermeture », prévient Cédric Bottero, l’un des organisateurs.

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La préfecture des Bouches-du-Rhône a pris ce jeudi matin un arrêté interdisant tout rassemblement dans la rue Fort Notre-Dame, par crainte d’affrontements. Le collectif à l’origine de la manifestation a, quant à lui, adressé une lettre à Jean-Claude Gaudin, lui demandant de saisir le préfet pour fermer le local, comme l’avait fait la municipalité strasbourgeoise. Dans sa réponse, Jean-Claude Gaudin invite le collectif à se rapprocher du préfet de région, qui doit être saisi.