Logiciels de vie scolaire: «Pronote, c'est ma bible de chevet !»

VOUS TEMOIGNEZ En pleine periode des conseils de classe, les lecteurs de «20 Minutes» donnent leur opinion sur les logiciels de vie scolaire où les notes des élèves sont consignées...

Delphine Bancaud

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Un couple regardant un ordinateur.
Un couple regardant un ordinateur. — Pixabay/OmarMédina
  • Pour beaucoup de parents, les logiciels de vie scolaire, comme Pronote, La-vie-scolaire ou Educ’Horus, permettent de mieux s’impliquer dans la vie scolaire de leurs enfants et de réagir en cas de problème.
  • Mais des voix critiques estiment que ces applications s’apparentent à du « fliquage » de leurs enfants et les déresponsabilisent.

Ils font partie de la vie quotidienne des élèves et des enseignants, voire de certains parents. Les logiciels de gestion de vie scolaire (Pronote, La-vie-scolaire, Educ’Horus…) permettent aux collégiens ou lycéens et à leurs parents d’avoir accès à leur emploi du temps, à leurs devoirs, à leurs notes, à leurs retards, leurs absences en cours ou leurs sanctions, de communiquer par mail avec les profs, de consulter les menus de la cantine… Une mine d’informations dont certains parents se saisissent avec enthousiasme, comme nous l’ont confié des lecteurs ayant répondu à notre appel à témoins sur Facebook. 

Des parents addicts

« Je consulte cette application tous les jours. Elle me permet d’être informée de l’absence de profs, des changements dans l’emploi du temps, des notes, de prendre rendez-vous avec l’équipe pédagogique et de vérifier les devoirs donnés que mon garçon aurait oublié de noter dans son agenda. C’est vraiment un très bon outil », juge Maria.

Certains parents semblent même être addicts à cet outil, à l’instar de Nadia : « Je consulte quotidiennement le logiciel sur mon ordinateur et sur mon smartphone. À raison de 3 à 4 fois par jour ». « Pronote, c' est ma bible de chevet ! », s’exclame même Doris. « Je pense que c’est le premier truc que mon mari regarde en ouvrant l’ordinateur au bureau et en repartant le soir. Le nombre de captures d’écran que je reçois par semaine surtout quand la cadette a un mot du CPE ! », raconte aussi Virginie.

« Un moyen de s’impliquer dans la vie scolaire de nos enfants »

Pour beaucoup de parents, les logiciels de gestion de vie scolaire sont de vraies aides à la parentalité : « C’est un outil pédagogique, car on a souvent reproché aux parents le manque d’implication dans les devoirs », estime Estelle. Même son de cloche chez Wilfried : « C’est simplement un moyen de s’impliquer dans la vie scolaire de nos enfants ». « C’est un fabuleux outil pour accompagner ma fille, là où mes parents n’ont pas pu faire le suivi nécessaire comme je me l’impose aujourd’hui », renchérit Fred.

Une application qui fait aussi office de système d’alerte dans certaines situations : « Cela permet, en cas de baisse des notes , de redresser la barre, sans coup de gueule une fois le bulletin du trimestre imprimé ! », témoigne Doris. « Une mauvaise note n’est pas une fatalité si on le sait tout de suite, on peut retravailler et aider à mieux comprendre… », renchérit Jennifer.

Et les échanges possibles via l’application entre les profs et les parents permettent de dénouer quelques soucis, comme en a fait l’expérience Fred : « Nous avions vu sur Pronote un zéro pour devoir non rendu en physique-chimie. Un travail pourtant fait car nous avions le devoir dans les mains. Nous avons contacté le professeur via Pronote pour l’informer et la situation s’est arrangée ».

D’autres informations leur sont aussi très précieuses, « particulièrement les absences des profs qui y sont consignées, ce qui peut éviter à nos enfants de se déplacer pour rien et d’éviter les heures de glandouilles en extérieur », pointe Nathalie. « Certains profs mettent en ligne le manuel scolaire afin d’alléger le poids du cartable », se félicite aussi Catherine.

« Les rendre autonomes oui, les fliquer non »

Reste que les applications de vie scolaire ne font pas l’unanimité. « Je n’y suis jamais allée. Ça me saoule qu’Internet soit devenu le lien entre les établissements et les parents », estime Carole. « Je n’y vais jamais. J’ai confiance en mon fils. Il est sérieux, a toujours bien travaillé. Pourquoi en plus le fliquer ? », interroge Laetitia.

« Pour nous, c’est totalement inutile. Nous avons essayé de nous connecter maintes fois, mais le message "erreur de mot de passe" s’affiche et malgré le fait que nous ayons signalé le problème au  collège, nous n’avons eu aucun retour », peste Auriclau.

Pour certains parents Pronote a aussi ses effets pervers : « Je pense que ça déresponsabilise aussi les collégiens, qui ne notent plus leurs devoirs », souligne ainsi Delphine. « C’est à elles de prendre leurs devoirs en charge. Les rendre autonomes oui, les fliquer non. C’est une simple histoire de confiance », abonde Katy.

« Certains profs ne jouent pas le jeu »

Le fait que l’application ne soit pas utilisée par tous les enseignants suscite aussi beaucoup de critiques. « Dommage que certains profs ne jouent pas le jeu et ne mettent ni les notes au fur et à mesure, ni les devoirs. », déplore ainsi Hugo. « Certains mettent toutes les notes, juste avant les conseils de classe, si les notes baissent ou s’il y a un souci, c’est trop tard pour agir », regrette Gaël.

« Les profs ne répondent pas toujours aux messages. J’en suis à trois messages, sans aucune réponse ! », s’énerve Nadia. Quant à Deborah, elle regrette les bons vieux carnets de notes papier : « De mon temps on pouvait mitonner aux parents et faire croire que l’on avait de bonnes notes ». Place à l’ère de la transparence, qui ne fait pas toujours plaisir aux ados !