Les Roms sont les personnes les moins tolérées en France, selon un rapport

COURBES La tolérance se stabilise cependant en 2017 dans l'Hexagone malgré le signalement d'actes haineux «inquiétants»...

20 Minutes avec AFP

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Les Roms font partie des personnes les moins tolérées en France.
Les Roms font partie des personnes les moins tolérées en France. — VALINCO/SIPA

Comme la température ou le taux de popularité, la tolérance se mesure. L’indice de tolérance, qui mesure les préjugés racistes et antisémites, s’est stabilisé en 2017, après trois années de hausse, selon un rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) publié ce jeudi.

En 2017, l’indice de tolérance s’est établi à 64 sur 100. Entre 2013 et 2016, il avait gagné une dizaine de points (de 56 à 65), indique le rapport annuel de la CNCDH sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Cet indice, mesuré depuis 1990, a connu son plus bas l’année suivante à 48 points, et son sommet en 2009, à 66 points. La CNCDH observe toutefois des différences selon les minorités : les Roms sont parmi les personnes les moins tolérées, et leur situation se dégrade cette année : leur indice de tolérance est au plus bas, à 34 points sur 100.

La CNCDH appelle à une extrême vigilance

La commission rappelle la baisse globale en 2017 des actes haineux signalés aux forces de police et de gendarmerie, annoncés en repli de 16 % par le ministère de l’Intérieur. Mais « sur le long terme », note-t-elle, « la courbe de tendance des faits racistes relevés reste particulièrement inquiétante ». Surtout, si les menaces (propos, gestes menaçants, etc.) déclinent, les actions (destructions, violences, etc.) pointent en hausse de 11 %.

La CNCDH appelle à l'« extrême vigilance » sur cette évolution. Ce rapport est publié trois jours après la présentation par le gouvernement de son nouveau plan (2018-2020) de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, qui vise à endiguer le déferlement de haine sur Internet.