VIDEO. Lyon: «Cela n'excuse en rien ce qu'il a fait», estiment les fans de Bertrand Cantat

REACTIONS L'ancien chanteur de Noir Désir était en concert à Lyon mercredi soir. «20 Minutes» est allé donner la parole à ses fans...

Caroline Girardon

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Bertrand Cantat lors d'un concert à La Rochelle, le 1er mars 2018.
Bertrand Cantat lors d'un concert à La Rochelle, le 1er mars 2018. — XAVIER LEOTY / AFP
  • Le concert de Bertrand Cantat mercredi à Lyon affichait complet.
  • «20 Minutes» est allé rencontrer ses fans, hués par les militantes féministes.
  • Si aucun ne lui trouve d’excuses, certains plaident pour le droit à l’oubli…

La vingtaine de militantes féministes massées devant l’entrée du Transbordeur scandant « Cantat obscène, dégage de la scène » et « Vous allez voir un meurtrier, applaudir, c’est cautionné » ne les ont pas empêché d’aller écouter l’ancien leader de Noir Desir mercredi soir à Villeurbanne. Les fans étaient bel et bien présents, le concert affichant complet.

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« Plus l’homme est abîmé et meurtri, plus il est puissant dans ce qu’il fait », lâche Olivier, 45 ans, « longtemps touché par [les] textes » de l’artiste. Et d’ajouter : « Il est lucide sur les erreurs qu’il a commises. Il est arrivé à un point de non-retour et il le sait. Lui au moins le reconnaît même si ça n’excuse en rien ce qu’il a fait ».

« On n’interdit pas aux politiques véreux de reprendre leurs activités »

Si ce fan avoue comprendre la démarche des féministes, il ne cautionne pas pour autant certaines idées. « Je ne comprends pas pourquoi Bertrand Cantat devrait être banni à vie de la scène. On n’interdit pas aux politiques véreux de reprendre leurs activités même après cinq ans d’inéligibilité. »

Quelques mètres derrière, Fred, 50 ans, blouson de cuir sur les épaules patiente dans le froid, sous les huées des militantes. « Je comprends leur colère car j’ai été très touché par le décès de Marie Trintignant et ce que Bertrand Cantat a fait est impardonnable. Je me mets entièrement à la place de la famille », enchaîne ce fan de la première heure pour lequel le chanteur n’aurait pas dû faire la Une des Inrocks. « Mais si je suis là c’est avant tout parce que je suis touché par sa musique et ses textes », poursuit-il.

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Pascale abonde. Elle est venue avec son époux Laurent, voir « l’artiste… pas l’homme ». « Sa vie privée c’est un autre débat, répond-elle. Il y a tellement de gens qui ont commis les mêmes actes et qui ont pu se réinsérer sans être cloué au pilori. S’il n’avait pas été connu, les choses auraient sans doute été différentes », glisse-t-elle. «Le contexte actuel ne plaide pas en sa faveur. C’est important que les féministes puissent s’exprimer mais Bertrand Cantat est un citoyen qui a payé sa dette », rappelle son mari.

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Pendant ce temps, les slogans hostiles redoublent et Nawelle s’extirpe de la foule tentant de discuter avec les militants. En vain. Le ton monte. « Je n’en peux plus », souffle-t-elle au bord des larmes, choquée par « tant de haine ». « Pourquoi s’acharner sur lui ? Il devrait avoir le droit d’être pardonné ». La jeune femme sait pourtant de « quoi elle parle ». Elle-même a subi les violences de son ancien compagnon durant deux ans. Au point d’« avoir eu la clavicule cassée ». « Malgré tout, j’ai su pardonner. Cantat portera ce fardeau toute sa vie. Il a été puni. La justice a fait son travail. Qu’est ce qu’il faut de plus ? »