Notre-Dame-des-Landes: L'avenir de la ZAD en quatre questions

ABANDON DU PROJET D'AEROPORT En déplacement à Notre-Dame-des-Landes ce mercredi, le secrétaire d'Etat à la Transition écologique a précisé ce qui devrait se passer...

Frédéric Brenon

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Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat à la Transition écologique, foule la RD281 sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes aux côtés de la préfète de Loire-Atlantique, le 21 mars 2018.
Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat à la Transition écologique, foule la RD281 sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes aux côtés de la préfète de Loire-Atlantique, le 21 mars 2018. — JS Evrard/AFP
  • La ZAD de Notre-Dame-des-Landes sera réservée aux projets agricoles.
  • Tous les occupants sont invités à entamer la régularisation de leur situation avant le 31 mars.
  • Des expulsions ciblées sont envisagées sur le site.

Trois mois après l’abandon officiel du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le Secrétaire d’Etat à la Transition écologique, Sébastien Lecornu, s’est déplacé sur la ZAD, mercredi, après avoir rencontré les différents acteurs du territoire. L’avenir de l’ex future zone aéroportuaire se précise. Le point.

Que deviendront les 1650 ha de la ZAD ? Ils ont vocation à accueillir des projets agricoles divers. Les agriculteurs historiques sont autorisés à rester, les occupants illégaux aussi, dans la mesure où ils acceptent de régulariser leur situation, répète l’Etat. Cela signifie payer ses taxes, mettre aux normes les installations et s’inscrire à la MSA, la sécurité sociale agricole. Le processus « sera long » reconnaît l’Etat qui prévoit de signer, pendant cette « phase transitoire », des conventions d’occupation précaires avec les agriculteurs intéressés. Les projets seront accompagnés individuellement. Il n’y aura pas de gestion collective des terres inspirée du modèle du Larzac, prévient l’Etat.

Qu’en pensent les intéressés ? Le conseil départemental de Loire-Atlantique et la FNSEA, syndicat majoritaire dans le département, soutiennent cette approche, de même que les agriculteurs « historiques » membres de l’Adeca. Les membres de l’Acipa, la principale association de la lutte anti-aéroport, sont divisés. La plupart des Zadistes et paysans du mouvement Copain 44 préféraient un projet collectif géré par une entité issue de l’ensemble du mouvement et ouvert principalement à l’agriculture bio et raisonnée. Certains Zadistes défendent également le maintien de leurs lieux de vie.

Mosaïque d'habitants de la ZAD et de Notre-Dame-des-Landes.
Mosaïque d'habitants de la ZAD et de Notre-Dame-des-Landes. - L.Venance/AFP

Y aura-t-il des expulsions ? « Le statu quo n’est pas possible, a insisté mercredi le secrétaire d’Etat. Ceux qui ne veulent pas rentrer dans l’Etat de droit auront très vite la réponse de la République. » En clair, ils seront expulsés. Ces expulsions sont possibles à l’issue de la trêve hivernale (31 mars). Elles ne seront pas massives, comme ce fut le cas lors de l’opération César en 2012, mais « ciblées », « avec discernement », indique l’Etat. Autre différence par rapport à 2012: les soutiens aux expulsés s’annoncent limités. « On a gagné la lutte contre l’aéroport. Ceux qui ne l’ont pas compris et veulent rester dans l’illégalité n’auront pas notre soutien », assure Sylvain Fresneau, éleveur sur la ZAD et porte-parole des agriculteurs historiques.

La fameuse route départementale 281 est-elle accessible ? Non, pas encore. Barré pendant plusieurs années par divers obstacles, cet axe de 4,5 km reliant Notre-Dame-des-Landes à Vigneux-de-Bretagne est toujours interdit à la circulation. Les barricades ont été dégagées le 26 janvier. Des travaux de réfection ont débuté fin janvier mais ils ont été ralentis par plusieurs dégradations. « Les travaux reprendront probablement en début de semaine prochaine », affirme Philippe Grosvalet, président du conseil départemental (PS). Mais la route ne sera rouverte à la circulation qu’à la « condition que la sécurité des usagers soit assurée ».