Enlèvement d'un enfant dans une école à Marseille: «C'est un malheureux concours de circonstances»

ECOLE L’inspection académique et la mairie rappellent le contexte particulier dans lequel s’est produit l’enlèvement d’un enfant de cinq ans à Marseille…

Adrien Max

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L'école Arenc Bachas, dans le XVe arrondissement de Marseille.
L'école Arenc Bachas, dans le XVe arrondissement de Marseille. — Adrien Max / 20 Minutes
  • Un enfant de cinq ans a été enlevé par l’ancienne compagne du père, la semaine dernière à Marseille, avant d’être retrouvé le lendemain.
  • Cet enlèvement intervient dans un contexte particulier, l’enfant connaissait sa ravisseuse et peu de parents d’élèves parlent français, ce qui complique l’action du personnel enseignant.
  • L’inspecteur académique a rappelé les procédures strictes à suivre.

En ce mercredi matin neigeux, peu de parents s’attardent devant l’école Arenc-Bachas, juste à côté de la station de métro Bougainville, dans le XVe arrondissement de Marseille. C’est ici qu’ un enfant de 5 ans a été enlevé la semaine dernière par l’ex-compagne de son père. Âgée de 17 ans, la jeune fille s’est fait passer pour la cousine et a prétexté un rendez-vous médical pour partir avec l’enfant, avant qu’il ne soit retrouvé le lendemain dans un squat du parc Corot.

« Je ne veux pas m’exprimer par presse interposée pour alimenter la polémique », explique d’emblée la directrice de l’école, comme un symbole de l’inquiétude naissante chez les parents d’élèves marseillais.

« L’école est très sécurisée »

Pourtant Nabila, maman d’une petite fille scolarisée dans l’école, ne l’est pas.

Ça m’étonne parce que les parents ne peuvent pas rentrer dans l’école. Les maîtresses gardent les grilles, les enfants ne peuvent même pas retourner en classe s’ils ont oublié quelque chose. La directrice est très stricte et l’école est très sécurisée », explique la maman.

Si l’histoire a créé des inquiétudes chez les parents d’élèves marseillais, ce genre de mésaventure reste heureusement très rare. « Dans toutes les écoles primaires de France, les parents doivent signer une décharge autorisant une tierce personne à récupérer l’enfant. Le personnel de l’école doit l’accepter et peut vérifier l’identité de la personne », explique le rectorat de l’académie Aix-Marseille. Sauf que dans ce cas précis, la jeune fille est souvent venue récupérer l’enfant avec le père, avec qui elle entretenait une relation jusqu’à peu.

L'entrée de l'école Arenc Bachas à Marseille.
L'entrée de l'école Arenc Bachas à Marseille. - Adrien Max / 20 Minutes

« L’enfant lui a sauté dans les bras »

« Elle venait très régulièrement. L’employée de la mairie a ouvert puisqu’elle était connue », ajoute le rectorat. Danielle Casanova, adjointe à la mairie de Marseille en charge de l’éducation, abonde en ce sens.

Lorsque la jeune fille est entrée dans la classe, l’enfant lui a sauté dans les bras. C’est un malheureux concours de circonstances, la concierge lui a ouvert parce qu’elle la connaissait et l’enseignant, qui était en remplacement, n’était pas forcément au courant des évolutions du couple », explique l’élue.

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Cet enlèvement s’est aussi produit dans un contexte particulier. « C’est compliqué pour les enseignants et le personnel, beaucoup de familles ne maîtrisent pas la langue française. Parfois, ils n’appliquent pas strictement les règles à cause de ces difficultés », avance le rectorat.

Rappel des règles

Mais face à cette situation, l’inspecteur d’académie s’est rendu en personne dans l’école pour rappeler les règles. « Il a redit fermement à tout le monde que les décharges parentales étaient obligatoires et qu’il fallait suivre les procédures à la lettre. Mais il leur a aussi expliqué qu’il comprenait les circonstances », ajoute le rectorat.

Danielle Casanova a quant à elle rappelé qu’à chaque début d’année, les parents déposent une liste avec les personnes autorisées à récupérer l’enfant.