Grève à la SNCF: Guillaume Pépy demande des explications à la CGT après des menaces de «désorganisation»

TRANSPORTS « Ça ce n’est pas la SNCF, ce n’est pas les cheminots, ce n’est pas le service public », a réagi le patron de la SNCF…

20 Minutes avec AFP
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Guillaume Pépy, président de la SNCF, en janvier 2011 à Paris.
Guillaume Pépy, président de la SNCF, en janvier 2011 à Paris. — CHAMUSSY/SIPA

Guillaume Pépy est furieux. Le patron de la SNCF a demandé ce mercredi des explications à la CGT, qui menace dans un courriel interne attribué à un de ses responsables parisiens de désorganiser complètement le service entre les jours de grève pour « faire plier » le gouvernement et la direction.

« On organiserait la désorganisation ? », s’est interrogé Guillaume Pépy sur RTL. « Ça ce n’est pas la SNCF, ce n’est pas les cheminots, ce n’est pas le service public (…) Rien ne justifie que pendant trois mois on prévoit une gêne permanente des usagers », a-t-il asséné.

La CGT promet de « désorganiser fortement le plan de transport et les travaux »

Dans un long message révélé par le Parisien et dont l’AFP a eu copie, signé par le secrétaire général d’une section parisienne, la CGT Cheminots se réjouit du mode d’action choisi, une grève deux jours sur cinq du 3 avril au 28 juin, qui selon elle « permet de désorganiser fortement le plan de transport et les travaux ».

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« La direction avait anticipé et s’est organisée pour une grève dure et reconductible classique. Ils n’ont à aucun moment senti venir le coup », se réjouit-elle, notant que le mouvement sera « ingérable » pour les dirigeants de l’entreprise publique et le gouvernement.

« Je ne peux pas croire que les cheminots adhèrent à ces méthodes »

« Moi je crois que l’auteur de ce mail doit s’expliquer, parce que moi je suis extrêmement choqué et je pense que les autres cheminots, l’immense majorité des cheminots, comme moi, ne se reconnaissent pas dans ces menaces », a réagi Guillaume Pépy. « Qu’il y ait grève, c’est un droit constitutionnel. Mais lorsqu’il n’y a pas grève, il faut que tout le monde fasse ses efforts pour que le service public fonctionne pour les 4,5 millions de voyageurs quotidiens », a souligné le patron de la SNCF.

« Si l’objectif c’est de perturber au maximum les voyageurs, de désorganiser le service public, là je pense que ça n’est pas ce qu’on peut attendre de l’action syndicale », a de son côté indiqué la ministre des Transports Elisabeth Borne. « Je ne peux pas croire que les cheminots adhèrent à ces méthodes », a-t-elle ajouté sur RMC, répétant que « la bonne démarche, c’est la négociation ».