Grève des avocats: Journée «justice morte» dans les tribunaux

EN COLERE Menés par le Conseil national des barreaux, les avocats protestent dans toute la France contre la loi de programmation de la justice…

20 Minutes avec AFP

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Grève des avocats à Bordeaux, le 15 février 2018.
Grève des avocats à Bordeaux, le 15 février 2018. — UGO AMEZ/SIPA

Les tribunaux français tournent au ralenti ce mercredi. Les avocats ont décrété une journée « justice morte » pour protester contre le projet de loi de programmation pour la justice, qui doit être présenté le même jour au conseil d’Etat.

Sur son site, le Conseil national des barreaux (CNB) annonçait plusieurs dizaines d’actions ponctuelles pour cette opération « justice morte » : grèves ciblées, rassemblements devant les palais de justice, journées voire semaines « justice morte » avec grève totale des audiences durant parfois, comme à Orléans, jusqu’au 30 mars, prochaine journée de mobilisation à l’échelon national.

Menace de déserts judiciaires

La mobilisation a pris dans toute la France. A Pau, les avocats observaient une « grève totale des audiences », à l’exception du procès d’assises d’une mère infanticide, qui a débuté lundi. A Lyon, l’action « Justice Morte » a rassemblé vers 9 heures plus de 300 avocats sur les marches de la cour d’appel. Le barreau de Lille a voté la grève générale à l’unanimité, selon le bâtonnier Stéphane Dhonte. A Marseille, plus de 300 avocats se sont réunis mercredi matin sur les marches du Palais de justice, malgré la neige. Toutes les audiences étaient suspendues, selon Me Géraldine Méjean, vice-présidente de l’Union des jeunes avocats.

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Dans son appel à la mobilisation daté du 17 mars, le CNB réaffirme son opposition au projet de loi de programmation de la justice 2018-2022. Il dénonce en particulier « une déjudiciarisation et la perspective de déserts judiciaires qui priveront le citoyen de l’accès au juge ou des garanties attachées à la présence de l’avocat », et des dispositions qui « renforcent les pouvoirs du parquet et de l’enquête au détriment des droits des citoyens ».