Le nombre de détenus continue d’augmenter en Europe, les prisons sont «presque pleines»

RAPPORT «Seuls le Danemark et les Pays-Bas ont assez de places pour avoir un seul prisonnier par cellule», expique le Conseil de l'Europe dans une étude publiée ce mardi... 

20 Minutes avec AFP

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Corbas, le 29 novembre 2017
Illustration de surveillants de prison.
Corbas, le 29 novembre 2017 Illustration de surveillants de prison. —

Les établissements pénitentiaires européens au bord de la rupture. Selon une étude du Conseil de l'Europe, rendue publique mardi, le nombre de détenus en Europe est reparti légèrement à la hausse en 2016 et les prisons restent surpeuplées dans de nombreux pays, comme la France ou la Belgique.

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« Au 1er septembre 2016, il y avait 859.102 personnes détenues en Europe, soit 18.454 de plus qu’en 2015 », ce qui représente une augmentation de presque 2,2 %, indique cette étude analysant les statistiques pénales de 47 des 52 administrations pénitentiaires des Etats membres du Conseil de l'Europe.

Près de 28 % des prisons européennes en surpeuplement carcéral

Cette statistique grimpe à 1,5 million de personnes, en très grande majorité des hommes d’un âge médian de 35 ans, contre 1,48 million en 2015, si l’on inclut une estimation du nombre de détenus en Russie, qui n’a pas, cette année, transmis ses statistiques carcérales à l’Université de Lausanne (Suisse), réalisant cette étude chaque année pour le Conseil de l’Europe. L’Ukraine, le Lichtenstein et deux des trois administrations pénitentiaires de Bosnie-Herzégovine n’ont pas répondu non plus aux questionnaires.

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Avec 92 prisonniers pour 100 places, «les prisons européennes sont presque pleines », comme c’est le cas depuis 2009, avertit l’étude réalisée chaque année par le Conseil de l’Europe. Cela se traduit par le fait que 27,7 % des prisons européennes ont été confrontées à des problèmes de surpeuplement carcéral en 2016.

Un seul prisonnier par cellule, un véritable privilège

Des problèmes connus par treize administrations pénitentiaires (contre quinze en 2015) sur 47 ayant communiqué leurs statistiques. C'est le cas de la France, avec 117 prisonniers pour 100 places​, de la Belgique (120 prisonniers pour 100 places), de la Hongrie, de Chypre ou encore du Portugal ou de l’Italie.

« Seuls le Danemark et les Pays-Bas ont assez de places pour avoir un seul prisonnier par cellule », a expliqué le directeur de l’étude, Marcelo Aebi, de la faculté des sciences criminelles de l’Université de Lausanne.

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La durée moyenne d’incarcération s’allonge

Rapporté à la population européenne, le taux médian de population pénitentiaire est aussi reparti légèrement à la hausse entre 2015 et 2016, à 117,1 détenus pour 100.000 habitants (+1 %). L’augmentation de ce taux, qui avait diminué chaque année depuis 2012, s’explique en partie par une légère augmentation de la durée moyenne de détention, à 8,5 mois.

Le taux d’incarcération a particulièrement augmenté en Bulgarie (+10,8 %), en Turquie (+9,5 %) et en République tchèque (+7,6 %), alors qu’il a baissé le plus en Islande (-15,9 %), en Irlande du Nord (-11,8 %), en Lituanie (-11,1 %) et en Belgique (-10,1 %).