La Nouvelle-Calédonie va-t-elle voter pour ou contre son indépendance? Réponse le 4 novembre

TERRITOIRE D'OUTRE-MER C’est le Congrès de la Nouvelle-Calédonie qui a fixé la date de ce référendum, qui sera organisé dans le cadre de l’accord de Nouméa…

20 Minutes avec AFP

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Le vote du deuxième tour des législatives, à Nouméa, le 18 juin 2017.
Le vote du deuxième tour des législatives, à Nouméa, le 18 juin 2017. — Fred Payet / AFP

La Nouvelle-Calédonie va-t-elle voter en faveur de son indépendance vis-à-vis de la France ? Réponse le 4 novembre 2018, lors d'un référendum dont la date a été votée ce lundi.

En dépit du « caractère historique » du texte, celui-ci n’a pas été adopté à l’unanimité par le Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Il a rassemblé 38 voix tandis que 14 élus issus de la droite non indépendantiste s’y sont opposés, dénonçant « la repentance coloniale » contenue selon eux dans l’exposé des motifs.

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Le texte a été entériné par les deux groupes indépendantistes, « UC-FLNKS et nationaliste » et l’Union nationale pour l’indépendance, ainsi que par les élus de Calédonie ensemble. Les élus des Républicains Calédoniens, du Rassemblement-LR et du Mouvement populaire calédonien ont voté contre.

Ils auraient souhaité une délibération plus administrative, sans rappel historique. « Le texte qui accompagne la délibération ne fait aucune place à la fierté d’être français. Il est tourné vers le passé et est repentant », a déclaré Sonia Backès, chef du groupe des Républicains Calédoniens.

Une tournure de question qui fait débat

Fortement inspiré du préambule de l'accord de Nouméa (1998), l’exposé des motifs rappelle que « la colonisation portait en elle la négation de l’identité kanak » mais également que la Nouvelle-Calédonie « s’est engagée dans un processus négocié » (…) pour « tourner la page de la violence et du mépris pour écrire ensemble les pages de paix, de solidarité et de prospérité ».

En vertu de l’accord de Nouméa, qui a instauré depuis 1998 un processus progressif de décolonisation, les élus locaux avaient jusqu’au mois de mai pour pouvoir eux-mêmes décider de la date du scrutin. Au-delà, c’est l’Etat qui aurait pris la main et organisé d’office le référendum au plus tard en novembre 2018. Ce vote n’intervient pas au hasard : mardi, le comité des comités des signataires de l’accord de Nouméa doit rencontrer Edouard Philippe à Matignon. Une réunion qui sera largement consacrée à la rédaction de la question du scrutin, elle aussi polémique.