Toulouse: Ça s'emballe pour les produits vendus en vrac, une tendance zéro déchet

CONSOM'ACTEUR Les sites de vente de produits en vrac se multiplient à Toulouse. Un mode de consommation sans emballage qui aura bientôt son premier drive zéro déchet, une première en France…

Beatrice Colin

— 

Des produits vendus en vrac dans un magasin coopératif. (Image illustration)
Des produits vendus en vrac dans un magasin coopératif. (Image illustration) — Chamussy/SIPA
  • « Drive tout nu » doit ouvrir son site de retrait de marchandise en vrac au cours de ce printemps.
  • Plusieurs magasins de vente en vrac ont ouvert leurs portes ces deux dernières années, notamment une seconde épicerie Ceci & Cela jeudi dernier.
  • Ce monde de consommation répond à la volonté de réduire les emballages, mais aussi le gaspillage alimentaire et coûte, à produit équivalent, moins cher selon les consom’acteurs.

Il y a deux ans, Louise Cardona innovait en ouvrant la première épicerie toulousaine zéro déchet et 100 % produits locaux en centre-ville.

La fondatrice de Ceci & Cela a ouvert la voie à d’autres, puisque depuis plusieurs commerces pratiquant le sans emballage sont présents dans la Ville rose et elle-même vient de lancer son second magasin au sein du quartier des Minimes.

>> A lire aussi : Acheter en vrac, le concept d'épicerie sans emballage débarque à Toulouse

« Je pense que cela s’ancre durablement dans les mentalités, comme le bio. Nous avons des clients vraiment 100 % sans emballage, qui arrivent à ne produire qu’un seul bocal de déchets par an, et d’autres qui s’y mettent en changeant progressivement leurs habitudes », explique la jeune femme qui propose 400 références, de la céréale aux cosmétiques.

Le premier drive vrac au printemps

Une tendance qui pourrait en effet bien s’installer dans les mentalités, car même les grandes surfaces sont désormais sur ce créneau. Mais loin de l’anonymat des rayonnages des enseignes de la grande distribution, au sein de ces épiceries, les gens recréent du lien, échangent sur des recettes pour gaspiller le moins possible ou encore créer leurs propres produits de nettoyage.

Les adeptes peuvent aussi croiser sur certains marchés toulousains, une épicerie mobile : les Vraqueuses. Mais pour ceux qui n’auraient pas le temps de s’y rendre ou qui n’habitent pas en ville, deux Toulousains ont imaginé adapter un mode de consommation très en vogue à cette vente sans déchet grâce à leur « Drive tout nu ».

Un concept qui n’existe pas encore en France. Pierre et Salomé testent pour l’instant leur système de livraison de produits commandés sur internet une fois par semaine au LabOïkos.

Mais au printemps, ils ouvriront leur point de retrait définitif en périphérie.
« Nous voulions avoir un impact sur la production de déchets et que cela soit accessible, que les gens n’aient qu’à charger leurs courses dans leur coffre. Nous prenons en charge le conditionnement, lorsque les clients nous ramènent leurs contenants vides, ils reçoivent un bon d’achat de dix centimes », explique Salomé qui a pour l’instant une centaine de références sur son site.

Du militantisme à la sensibilisation

Se balader avec ses bocaux et ses sacs, Anne-Fleur connaît. Tout comme Thomas, et une trentaine d’autres militants soucieux de l’environnement, elle appartient au collectif Zero Waste Toulouse, fondé en 2017.

Leur objectif est assez simple : ils veulent sensibiliser le grand public au gaspillage. Et cela passe notamment par l’achat en vrac. « Je n’y suis pas arrivée en un mois. C’est une question d’organisation, au début on oublie ses bocaux », reconnaît Anne-Fleur qui a toujours un petit sac et un verre sur elle.

Anne-Fleur et Thomas, du collectif Zero Waste Toulouse.
Anne-Fleur et Thomas, du collectif Zero Waste Toulouse. - B. Colin / 20 Minutes

Mais ces petites difficultés de mise en route sont contrebalancées par bien d’autres avantages selon elle. « Il y a le côté économique, on ne paye plus l’emballage et c’est donc 10 à 40 % moins cher à produit équivalent. Et puis, je mange des produits locaux et bio de qualité », assure la jeune femme.

Thomas, lui, est encore en conversion. Pour le jeune homme, cela ne fait aucun doute : acheter en vrac permet de limiter le gaspillage alimentaire. « Nous n’achetons que ce dont nous avons besoin, nous avons moins de stock, ça nous oblige à repenser notre façon de consommer, à voir ce dont on a besoin, nous ne sommes plus en mode inconscient, à la merci de la publicité », explique-t-il.