Notre-Dame-des-Landes: Le casse-tête de la répartition des terres

agriculture Toutes les parties prenantes demandent un gel de l’attribution conventionnelle des terres (1650 hectares), pendant au moins un an, le temps d’élaborer le futur projet agricole…

20 Minutes avec AFP

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La ZAD de Notre-Dame-des-Landes
La ZAD de Notre-Dame-des-Landes — L. Venance/ afp

Et si le plus dur restait à faire ? L’avenir agricole de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes sera négocié lundi, mais sans les zadistes et certains opposants à l’ex-projet d’aéroport. Ces derniers appellent à un rassemblement sous les fenêtres de la préfecture.

La préfète de la région Pays de la Loire présidera un premier comité de pilotage. Cette réunion de négociations, que Nicole Klein souhaite placer sous le signe de « l’apaisement » et de la « construction », se tient à deux semaines de l’expiration de l’ultimatum fixé aux zadistes pour régulariser leur situation sous peine d’expulsion, et alors que des fissures apparaissent au sein du mouvement très hétérogène des anti-NDDL.

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Certains opposants - la Confédération paysanne et l’Adeca, association d’agriculteurs « historiques » ayant refusé de quitter leurs terres - seront autour de la table avec la préfète. Conviée, l’Acipa, principale association opposée à l’ex-projet d’aéroport, a décliné l’invitation mais ne participera pas non plus au rassemblement organisé devant la préfecture par « l’assemblée du mouvement » anti-aéroport, disant préférer le dialogue à la « démonstration de force ».

« Une approche agrico-agricole »

Exclues du comité du pilotage, certaines composantes de la lutte anti-NDDL entendent faire entendre leur mécontentement et rappeler au gouvernement, qui « fait la sourde oreille » selon elles, leur volonté de gérer les terres de la ZAD, pour qu’y subsistent également des activités non agricoles.

« Ce comité de pilotage se limite à une approche agrico-agricole, ce n’est pas le bon endroit pour un dialogue constructif sur la totalité des questions posées et des propositions que l’on fait, environnementales et sociétales », explique Vincent Delabouglise de Copain 44, un collectif d’organisations agricoles, dont est membre la Confédération paysanne.

Quête de légitimité

La semaine dernière, « l’assemblée du mouvement » anti-aéroport s’était dite « seul légitime » à prendre en charge le territoire de la ZAD « sauvée de la destruction programmée », dans un communiqué dont se sont désolidarisées plusieurs associations et collectifs opposés à l’ex-projet aéroportuaire.

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« Nous ne pouvons accepter une vision cloisonnée et laisser les terres pour lesquelles nous nous sommes battu.e.s êtres reprises en main par les voies du modèle agricole classique dont on connaît partout les conséquences : désertification rurale, disparition des petites exploitations, dégradation continue des sols et de la biodiversité », écrit le mouvement dans son appel à rassemblement. »

1.650 hectares en jeu

Le mouvement anti-aéroport, tout comme le conseil départemental de Loire-Atlantique associé à la chambre d’agriculture, convoite une partie des 1.650 hectares de l’ex-emprise aéroportuaire. Tous demandent un gel de l’attribution conventionnelle des terres, pendant au moins un an, le temps d’élaborer le futur projet agricole.

Le secrétaire d’État à la Transition écologique, Sébastien Lecornu, se rendra quant à lui mardi et mercredi dans le département, et rencontrera élus locaux, syndicats agricoles, agriculteurs et opposants au projet d’aéroport.