VIDEO. Toulouse: La rénovation du quartier Matabiau avance... plus vite que la LGV

URBANISME Une concertation publique autour du réaménagement du quartier Matabiau a lieu jusqu’au 29 mars…

Béatrice Colin
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Le parvis historique de la gare Matabiau, à Toulouse, après travaux.
Le parvis historique de la gare Matabiau, à Toulouse, après travaux. — Luxigon - AREP
  • Les habitants sont invités à donner leur avis sur le projet de réaménagement du quartier ainsi que sur le futur pôle multimodal de la gare.
  • L’aménagement du quartier est lancé, malgré le retard pris pour la LGV mais la date de son arrivée va conditionner certains financements, notamment de la région.

D’ici 2030, le visage du quartier Matabiau devrait avoir complètement changé. C’est en tout cas l’objectif du projet d'urbanisme Toulouse-Euro-Sud-Ouest (TESO), lancé il y a plusieurs années pour accueillir la Ligne à grande vitesse et ses légions d’entreprises, désormais à 3 heures de Paris.

Mais voilà, la LGV aura un bon train de retard. Son arrivée en 2024 n’est plus qu’un mirage, dans le pire des scénarios elle n’entrerait en gare qu’en 2037 selon le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures, dévoilé en février. Le gouvernement devrait définitivement statuer à l’automne sur l’avenir de la LGV.

Si ce contretemps de calendrier est confirmé, cela n’interférera pas sur celui du réaménagement de la zone de 40 hectares autour de Matabiau, ainsi que la création d’un pôle d’échanges multimodal au niveau de la gare. C’est en tout cas ce qu’ont assuré les responsables du projet mardi soir, lors d’une réunion organisée à l’occasion de la concertation publique.

« La décision du gouvernement sur la LGV Bordeaux-Toulouse n’impactera pas le projet Toulouse EuroSudOuest. Il a été lancé pour accueillir la LGV, mais nous nous sommes rendus qu’il se justifiait quoi qu’il arrive », a indiqué Alain Garès, le directeur général d’Europolia, l’aménageur public chargé de ce dossier.

Des financements liés à l’arrivée de la LGV

Les premiers coups de pioche résonnent déjà autour de la gare depuis plusieurs mois. A terme, celle-ci aura quatre entrées différentes. Dès 2020, celle actuelle sera complètement refaite.

Les nouveaux bâtiments de la gare Matabiau, côté Marengo - vue non contractuelle.
Les nouveaux bâtiments de la gare Matabiau, côté Marengo - vue non contractuelle. - StudioMiho - AREP

Six ans plus tard, côté Marengo, un pôle d'échanges multimodal permettra d’avoir accès aussi bien aux transports en commun, notamment à la ligne B et à la future ligne TAE, mais aussi aux quais, à une desserte voiture et bus.

Pour le réaliser, plus de 250 millions d’euros vont être mis sur la table par les collectivités. Mais pour certaines d’entre elles, leur participation reste conditionnée à la décision de l’Etat.

« Le partenariat de la région sur ce projet, et la question du financement, est lié à l’arrivée de la LGV et une hausse de fréquentation de la gare qui doit passer de 50 000 à 150 000 personnes d’ici 2030 », prévient Nadia Pellefigue, la vice-présidente du conseil régional.

Le très cher déménagement de la gare routière

Et il y a d’autres questions financières qui devront être réglées. Comme le parking actuel, le projet prévoit de reconstruire la gare routière du côté du parvis Marengo, pour que l’intermodalité soit totale. Sur le papier, cela paraît logique. Mais c’est loin d’être tranché pour des questions de budget selon le Département, gestionnaire du site.

« Le coût du déplacement est de 60 millions d’euros, si nous faisons des aménagements sur la gare routière là où elle se trouve aujourd’hui, cela coûtera 3 à 4 millions d’euros », souligne Pascal Boureau, élu au conseil départemental.

L’opposition à la Tour d’Occitanie

Il faudra aussi surmonter un autre écueil, celui de l’opposition à la Tour d'Occitanie qui a déjà réuni près de 2.500 signatures via une pétition et dénonce « une destruction du paysage et une atteinte à l’intégrité du Canal du Midi ».

La Tour Occitanie dominera le quartier Matabiau qui sera complétement revu et corrigé d'ici trente ans.
La Tour Occitanie dominera le quartier Matabiau qui sera complétement revu et corrigé d'ici trente ans. - Compagnie de Phalsbourg

 

L'emblématique gratte-ciel de 150 mètres de haut et de 40 étages doit accueillir ses premiers habitants en 2022, ainsi qu’un hôtel de luxe et des bureaux. Selon le directeur d’Europolia, le permis de construire devrait être déposé au mois d’avril. Il devra ensuite passer les différentes étapes administratives. Et sera peut-être confronté à des recours de riverains.