Eure: Les personnes ivres embarquées par la police devront payer 120 euros de frais de transport

SOCIETE La décision qui a été votée par le conseil municipal de Pont-Audemer le 27 février dernier ne fait pas l'unanimité...

20 minutes avec Agence

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Le maire de Pont-Audemer a fait voter une mesure pour faire payer des frais de transport aux personnes interpellées ivres. (Illustration)
Le maire de Pont-Audemer a fait voter une mesure pour faire payer des frais de transport aux personnes interpellées ivres. (Illustration) — E. Frisullo / 20 Minutes

Le maire de Pont-Audemer (Eure) a pris mardi 27 février une décision radicale. « La  police municipale et la gendarmerie se doivent de porter assistance à des personnes en détresse mais elles ne doivent pas passer leur temps à faire face à des situations anormales », explique Michel Leroux.

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Depuis le 1er mars, toute personne interpellée en état d’ivresse publique manifeste et conduite à l’hôpital par la police municipale devra s’acquitter de 120 euros de « frais de transport », rapporte Normandie Actu.

Un coût trop important

Quand la police retrouve une personne en état d’ébriété sur la voie publique, elle doit l’accompagner aux urgences pour procéder à un examen médical et à la délivrance d’un certificat de non-hospitalisation. La personne est ensuite placée en cellule de dégrisement.

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« Chaque interpellation nécessite le gel d’une patrouille et d’au moins deux fonctionnaires sur une durée allant d’une heure à une heure trente et génère des frais de transport représentant un coût important pour la collectivité », a expliqué Michel Leroux. Ce dernier regrette que « le temps ainsi passé ne soit pas consacré aux missions premières de prévention et de sécurisation sur la voie publique ».

Une mesure qui ne fait pas l’unanimité

« J’ai du mal à en comprendre la logique », déplore Christian Vosnier, conseiller municipal. « Elle est empreinte d’un regard accusateur vis-à-vis des victimes d’une société qui oppose de plus en plus les winners et les loosers ». « Elle place l’alcoolisme au même rang que n’importe quelle incivilité alors que la consommation excessive d’alcool relève d’un problème de santé publique », poursuit l’élu. D’autant que le nombre de cas concernés n’est pas significatif : six en 2017, neuf en 2016 et vingt-neuf en 2015