Strasbourg: Envie d'aller faire un petit tour en Corée du Nord ? Un Alsacien vous ouvre les portes

TOURISME Édouard George, de l’agence de voyages Phoenix Voyages, un Alsacien spécialisé sur l'Asie, est l’un des précurseurs des voyages touristiques en Corée du Nord…

Gilles Varela

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Le président de la Corée du Nord Kim Jong Un
Le président de la Corée du Nord Kim Jong Un — CHINE NOUVELLE/SIPA
  • De plus en plus de touristes partent chaque année visiter la Corée du Nord, un pays des plus fermés au monde.
  • Sa société permet chaque année à près de 400 touristes d’aller sur les terres de Kim Jong-un.

Voyager pour découvrir, c’est formidable. Et lorsque cela permet de comprendre, c’est fascinant. Alors si vous avez soif d’aventures et de connaissances, pourquoi ne pas aller faire un petit tour en Corée… du Nord. Et non, à la prononciation de ce pays, vous n’êtes pas aussitôt mis sur écoute… ou tout du moins pas à notre connaissance. Bien sûr, l’actualité et la crise des fusées et les tensions entre Donald Trump et le leader de Pyongyang, Kim Jong-un, ne sont pas vraiment rassurantes, tout comme l’a été il n’y a pas si longtemps l’affaire de l'étudiant américain, emprisonné pour une pancarte subtilisée et décédé à peine rentré chez lui.

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Mais il y a aussi eu les JO en février, et les discussions actuelles pour une rencontre au sommet entre le président américain et le chef suprême, ainsi qu’entre les deux Corées… « Dès que l’on parle de la Corée du Nord, des idées préconçues, des fantasmes, viennent à l’esprit alors que ce sont des gens comme tout le monde, vraiment comme tout le monde. Gentils comme le sont les Sud Coréens, tous les Coréens », affirme Édouard George, de l'agence de voyage Phoenix Voyages. Et en matière de Coréens, il en connaît un rayon.

Ce quinquagénaire originaire de Colmar (Haut-Rhin), spécialiste de l’Asie, est basé au Vietnam, même s’il revient en Alsace près de quatre fois par an. Il est l’un des rares à proposer des circuits en Corée du Nord, depuis huit ans, aux particuliers, aux entreprises via les professionnels du voyage, à qui sa société propose des circuits. Des voyages pour ceux désireux d’aller au delà de la DMZ afin de voir, sur le terrain, à quoi ressemble ce pays isolé et fermé du monde. Rien qu’en 2017, sa société a « envoyé » près de 400 touristes en Corée du Nord. Et ils ne sont pas les premiers.

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« Les choses sont en train de changer »

En 2017, 6 à 7.000 personnes, (hors touristes chinois qui sont estimés à 30.000 même si cela a diminué depuis les rapports plus difficiles avec le leader chinois), ont franchi le pas. Et surprise, chez les touristes étrangers, avant l’ère Trump, la clientèle était majoritairement américaine », souligne non sans ironie Edouard George.

Les touristes, de tout profil et tous horizons, viennent voir « un des derniers bastions du stalinisme flamboyant, avec son côté bling bling et macabre [sourire]. Bling bling avec ses nouvelles constructions surgies après les bombardements en 1953, et macabre par ce que les gens pensent trouver des cadavres, des gens asservis », plaisante le voyagiste qui n’hésite pas à faire l’article. « Les choses sont en train de changer, assure l’Alsacien. La perestroïka est en marche, lente, mais en marche. La Corée s’ouvre, comme l’économie. C’est en train de se passer. Ce pays a besoin de plus d’amour, de considération, qu’on arrête de schématiser ». On peut même y prendre photos et vidéos, insiste-t-il.

On peut tout photographier ou filmer, sauf les militaires, les infrastructures militaires et… les charrettes ! Ça, ils n’aiment pas. Ils pensent que cela « fait pauvre ». Pourtant, ce n’est pas un pays riche, sinon ça se saurait ! Et puis, des charrettes, dans toute l’Asie, permettent de transporter de nombreuses marchandises. Mais bon, comme c’est interdit, c’est en premier ce que font les touristes français, (rires).

Côté pratique, « nous avons relativement vite et facilement le visa, que cela soit en groupe ou pas, explique Édouard George. Mais il faut toujours être accompagné d’un guide ou d’un chauffeur. « Ce qui nourrit toujours cette idée qu’ils cachent quelque chose », regrette le spécialiste. »

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« La Corée a beaucoup évolué ces dernières années, assure Édouard George. On peut marcher en ville, se balader, ce qui n’était pas possible avant. Les mauvaises langues disent "surveiller", les Coréens disent "accompagner", pour vous aider à vous retrouver, à franchir la barrière de la langue. Mais bon, cela reste encadré, cela reste un pays communiste, même s’il y a beaucoup de désinformation sur le sujet », estime l’Alsacien avant de souligner, non sans rire, que les personnes filmées qui prennent le métro ne sont pas des acteurs. « D’ailleurs, il est possible pour les touristes d’emprunter celui-ci et de sortir aux stations qu’ils souhaitent, même si toutes n’ont pas le même intérêt… et que cela reste encadré. »