VIDEO. Mayotte: Annick Girardin annonce des mesures pour renforcer la sécurité

DIALOGUE La ministre des Outre-mer a également promis de revenir à Mayotte avant le 15 avril...

20 Minutes avec AFP

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Annick Girardin s'adresse aux manifestants, le 12 mars 2018 à Mamoudzou (Mayotte).
Annick Girardin s'adresse aux manifestants, le 12 mars 2018 à Mamoudzou (Mayotte). — Ornella LAMBERTI / AFP

Vers un début de solution pour la crise à Mayotte ? La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a annoncé lundi à Dzaoudzi une série de mesures en matière de sécurité et de lutte contre l’immigration irrégulière, sur l’île paralysée par un mouvement de contestation depuis fin février.

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« Le 101e département français reste Mayotte, Mayotte reste un département français », a martelé la ministre lors d’une conférence de presse pour signifier l’attachement à ce territoire, appelant à redéfinir les compétences du département autant que l’accompagnement de l’Etat, avant d’annoncer un arsenal de mesures pour garantir la sécurité des Mahorais.

Des policiers et gendarmes supplémentaires pour renforcer la sécurité
La ministre a assuré que 60 gendarmes mobiles arrivés début mars resteront jusqu’à la fin de l’année scolaire, un demi-escadron de gendarmes mobiles présent depuis l’an dernier va être pérennisé ; une brigade de gendarmerie nationale va être créée à Koungou, et les effectifs de la réserve territoriale de la gendarmerie vont être augmentés.

L’arrivée de nouveaux renforts est accélérée, avec la venue de dix policiers supplémentaires en mars et 16 gendarmes d’ici le 1er août, affectés notamment à la prévention de la délinquance juvénile. Enfin 20 gendarmes et 10 policiers supplémentaires arriveront ultérieurement dans le cadre de la Police de sécurité du quotidien.

Développer la vidéosurveillance
Les crédits du fonds interministériel de la prévention de la délinquance sont portés à 330.000 euros, a dit Annick Girardin, notamment pour faciliter le développent de la vidéosurveillance et un partenariat dans le cadre de la zone de sécurité prioritaire en voie de création.

Le recours à l’armée pour lutter contre l’immigration
En ce qui concerne la lutte contre l’immigration clandestine et ses conséquences, un état-major de la lutte contre celle-ci à terre et sur mer sera créé ce mois-ci, sous la direction d’un sous-préfet chef d’état-major qui sera nommé, a souligné la ministre. Elle a aussi cité « l’envoi immédiat par la marine nationale d’un navire patrouilleur militaire qui est sur place depuis 24 heures », afin de renforcer les capacités de surveillance en haute mer jusqu’à l’arrivée de nouveaux intercepteurs l’été prochain.

Un groupe d’enquêtes interservices contre l’immigration irrégulière est créé et un officier de liaison affecté au ministère de l’Intérieur comorien « parce que cette lutte contre l’immigration clandestine se fait bien sûr à partir des Comores », a précisé Annick Girardin.

Lutte contre les habitats illégaux
Annick Girardin a aussi annoncé la mise en place immédiate d’un plan de destruction de l’habitat illégal, en particulier dans les zones de risques naturels, en associant étroitement les maires. Les procédures d’évacuation et de destruction des habitations illégales devraient être assouplies.

Mais dans un communiqué, le collectif et l’intersyndicale à l’origine du mouvement ont dit « refuser de s’associer à cette mascarade », regrettant qu’il n’y ait « aucune intention de mener de véritables négociations sur (leurs) revendications », et déplorant « une tentative de divisions des élus ».

Pour Maoulida Momed, un des porte-parole, les mesures annoncées par la ministre sont « des sous mesures prises dans l’urgence qui ne résoudront rien sur le long terme ». De son côté Annick Girardin a promis de revenir à Mayotte « avant le 15 avril » et doit rencontrer ce mardi l’intersyndicale l'intersyndicale et le collectif, initiateurs du mouvement de contestation populaire.