Annick Girardin est arrivée à Mayotte, bloquée depuis trois semaines par un mouvement de contestation

GREVE GENERALE La venue de la ministre des Outre-mer n’était pourtant « pas souhaitée » par les manifestants…

20 Minutes avec AFP

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Annick Girardin à l'Elysée le 21 février 2018.
Annick Girardin à l'Elysée le 21 février 2018. — LUDOVIC MARIN / AFP

Une ministre en visite sur une île paralysée. La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, est arrivée ce lundi matin à Mayotte pour tenter de trouver une issue au mouvement de contestation contre l’insécurité et l’immigration qui secoue depuis trois semaines ce département français de l’océan Indien.

Elle entend concrétiser ainsi sur le terrain une « proposition de dialogue du gouvernement », ont indiqué ses services. L’intersyndicale et le Collectif des citoyens à l’origine du mouvement de protestation avaient fait savoir que la venue de la ministre, à laquelle ils reprochent « sa méconnaissance du territoire », n’était « clairement pas souhaitée ». Ils exigeaient au contraire la venue de « quelqu’un qui puisse engager le gouvernement », comme le chef de l’Etat, le Premier ministre ou le ministre de l’Intérieur.

Ile morte et opération escargot

Depuis le 20 février, Mayotte est secouée par une « grève générale » contre l’insécurité, notamment aux abords et à l’intérieur des établissements scolaires, et plus largement contre la forte immigration clandestine provenant des Comores, à 70 km de ses côtes. Le bon déroulement de la rentrée sera l’enjeu principal de ce lundi. Annick Girardin avait d’abord annoncé qu’elle se rendrait à Mayotte « juste après la rentrée des classes ».

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Le mouvement a pris jusqu’ici de multiples formes : manifestations dans les rues du chef-lieu, opération escargot, opération « île morte », barrages sur les principaux axes routiers… Après trois semaines de conflit, la situation s’est encore tendue dimanche, avec le blocage du port principal de l’île. Des barrages tenus par près de 200 personnes devaient être levés dans la soirée et remis en place dès lundi matin et d’autres blocages routiers étaient érigés dans le centre de l’île.

Renforts de sécurité

Vendredi, l’intersyndicale a appelé la population « à descendre massivement dans les rues » du chef-lieu Mamoudzou demain, mardi. Elle a également demandé « aux maires de fermer les établissements scolaires » et invité les parents à garder leurs enfants à la maison jusqu’à nouvel ordre. Face à la détermination des manifestants, le gouvernement a jusqu’ici alterné les appels au dialogue et la fermeté. Des renforts de sécurité sont arrivés à Mayotte en fin de semaine pour sécuriser établissements et transports scolaires, portant selon le gouvernement à 987 le nombre de forces de l’ordre déployées sur le territoire.

Selon ses services, Annick Girardin entend proposer « à l’ensemble de ses interlocuteurs une méthode, un calendrier et les principaux axes d’un travail de fond indispensable pour l’avenir de Mayotte ».

A plus long terme, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a estimé qu’il fallait « mettre autour de la table les élus locaux, les sociaux-professionnels, le monde économique, l’administration » et « repartir de zéro » pour tenter de répondre aux difficultés de l’île. Dans un communiqué publié dimanche, des élus de Mayotte se sont dits « favorables à la reprise du dialogue » tout en restant « vigilants à ce que les engagements du gouvernement soient rapidement tenus ».