Facebook, Netflix... Après la saturation de son réseau Wifi, l'université Lyon-3 entend raisonner ses étudiants

PROBLÈME Le nombre de connexions sur le réseau Wifi de l’université lyonnaise a été multiplié par quatre en un an…

Caroline Girardon

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Illustration Facebook.
Illustration Facebook. — FRANCK LODI/SIPA
  • Les connexions au réseau Wifi de l'université Lyon-3 ont littéralement explosé en un an avec une multiplication par quatre.
  • Il a été montré que 66% d'entre elles allaient faire les réseaux sociaux ou les plateformes de téléchargement.

Des étudiants un peu trop le nez scotché sur leurs écrans. L’université Lyon-3 a été confrontée récemment à une saturation de son réseau Wifi. À tel point que l’administration s’est penchée sur les raisons de ce dysfonctionnement en analysant de plus près les connexions enregistrées quotidiennement sur les deux campus de l’établissement.

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Résultat : Il a été montré que la bande passante était « massivement utilisée à destination d’applications externes telles que Facebook, Netflix, Snapchat, Youtube ou Instagram » et « très marginalement vers les ressources internes de l’université ». En résumé, deux tiers des connexions observées sont effectuées vers les réseaux sociaux et les plateformes, Facebook arrivant largement en tête (34 %).

Quatre fois plus de connexions en un an

De là, à penser que les étudiants restent peu concentrés en cours ? « Nous ne pouvons pas tirer de conclusions comme celles-ci », répond Yves Condemine, vice-président en charge de la stratégie numérique. « Car les intercours sont parfois très longs et beaucoup surfent sur leurs smartphones ou ordinateurs portables pendant ce temps-là. »

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Seule certitude : le nombre de connexions sur le réseau a littéralement explosé. « En janvier 2017, nous avions des pics de 1.500 connexions par jour. Aujourd’hui, nous en sommes à 6.000. Soit quatre fois plus. C’est ce qui nous interpelle le plus », poursuit Yves Condemine. Le problème est moins de savoir sur quels sites ils se connectent mais plutôt à quelle fréquence, selon le vice-président. « A ce rythme-là, on pourrait atteindre les 20.000 connexions l’an prochain. Notre réseau ne pourrait pas le supporter. Pour prendre une image, il y a un problème d’entonnoir. Si on ajoute des bornes, comme on nous le suggère, cela va augmenter le côté large de l’entonnoir, mais pas la sortie. »

Pas de filtrage… pour l’instant

L’administration a donc envoyé un mail à ses étudiants pour les alerter sur la situation et les sensibiliser davantage. « Il s’agit de leur faire comprendre que le problème ne vient pas de nos infrastructures mais de leur comportement et qu’il faut qu’ils restent vigilants sur l’usage du Wifi ». Pas question d’interdire pour l’instant Internet qui « reste un outil pédagogique en lui-même ». Ni de limiter l’accès aux réseaux sociaux.

« En revanche, si le problème persiste et que l’utilisation du Wifi ne faiblit pas, on devra se poser la question de mettre en place des filtrages », prévient-il. De son côté l’université Lyon-2 que 20 Minutes a contactée répond n'« avoir jamais été alertée de choses similaires par son service informatique ».