VIDEO. Procès Tarnac: La justice «s'est acharnée» pour sauver son «honneur», estime le militant Julien Coupat

JUSTICE L’affaire est passée d’une qualification terroriste à des faits de droit commun…

20 Minutes avec AFP

— 

Tarnac, petit village de Corrèze, a été le théâtre de l'arrestation du groupe de Julien Coupat, présenté comme un groupe terroriste.
Tarnac, petit village de Corrèze, a été le théâtre de l'arrestation du groupe de Julien Coupat, présenté comme un groupe terroriste. — BISSON/JDD/SIPA

C’est l’une des premières fois qu’il s’exprimait face caméra. Le militant Julien Coupat estime que la justice « s’est acharnée » pour sauver son « honneur » dans l’affaire Tarnac, passée d’une qualification terroriste à des faits de droit commun après une enquête contestée.

Julien Coupat et d’autres militants libertaires sont jugés à partir de mardi au tribunal correctionnel de Paris dans le cadre de cette affaire de dégradations de ligne TGV, présentées à l’époque comme des sabotages terroristes menés par des membres de « l’extrême gauche radicale ».

« La justice est au service de la police et non le contraire »

« Assez rapidement, la justice s’est rendu compte qu’elle avait perdu la partie, qu’elle se ridiculisait. Elle s’est acharnée. Il fallait évidemment que cette procédure qui avait commencé en fanfare finisse par un procès, ça ne pouvait pas donner un non-lieu. C’est une question d’honneur de l’institution », estime Julien Coupat, dans sa première interview télévisée diffusée jeudi soir France 2 dans Envoyé spécial.

>> A lire aussi : Les membres du groupe de Tarnac, dont Julien Coupat, seront jugés, mais pas pour terrorisme

« Au fond, c’est ce que disait (le philosophe Michel) Foucault : la justice est au service de la police et non le contraire. Ce qu’on a vécu pendant dix ans, c’est ça », poursuit celui qui avait été désigné par les enquêteurs comme le « chef du groupe de Tarnac », du nom de la commune de Corrèze où une partie des prévenus habitaient.

Un procès-verbal constesté

Julien Coupat conteste, entre autres, un procès-verbal de surveillance policière qui affirme qu’il se trouvait, avec sa compagne Yildune Lévy, à Dhuisy (Seine-et-Marne) dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, à proximité d’une ligne de chemin de fer où un fer à béton a été accroché à une caténaire.

>> A lire aussi : L'affaire est partie d'une «construction policière hilarante»

« Ni nous, ni les enquêteurs n’étaient sur place ». Selon lui, « la seule instance qui ne sache pas que (ce procès-verbal) est de toute évidence un faux et un faux mal fait, c’est l’institution judiciaire. Jusqu’à la fin, ils s’attachent ridiculement à quelque chose dont tout le monde sait que c’est à la fois faux et un peu gênant, voire franchement honteux », affirme-t-il.