Journée des droits des femmes: «La différence de rémunération entre les avocats et les avocates est de 50%»

EGALITE HOMMES/FEMMES En cette journée des droits de la femme, le Conseil national des barreaux et le barreau de Paris ont réalisé des actions symboliques simultanées en faveur de l'égalité hommes/femmes...

A.D.

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Christiane Féral-Schuhl, Nicole Belloubet, Danielle Bousquet et Jacques Toubon
Christiane Féral-Schuhl, Nicole Belloubet, Danielle Bousquet et Jacques Toubon — CNB/Twitter

Les « avocates des avocats » ont décidé de frapper fort en cette journée des droits de la femme. Marie-Aimée Peyron a la tête du barreau de Paris depuis le 1er janvier tout comme Christiane Féral-Schuhl qui dirige désormais le Conseil national des barreaux (CNB) ont annoncé une rafale d’initiatives.

Le Barreau de Paris a lancé une campagne sur les réseaux sociaux pour dénoncer les propos sexistes entendus à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions.

Le Barreau de Paris lance une campagne de
Le Barreau de Paris lance une campagne de - Barreau de Paris/Twitter

« Vous ne couchez pas, vous ne faites pas le ménage, vous servez à quoi ? »

Une initiative qui fait écho au mouvement #balancetarobe, lancé dans la foulée du scandale Weinstein, afin de dénoncer les atteintes sexistes et les agressions sexuelles perpétrées dans la profession. Plusieurs juristes avaient d’ailleurs  témoigné en février auprès du magazine Causette racontant que de « grands pénalistes » n’hésitaient pas à demander à leurs confrères « Tu me prêtes ta jolie collaboratrice ? », ou proposant aux débutantes d’« apprendre beaucoup » dans leur chambre d’hôtel… L’une d’entre elles, ayant exercé dix ans en droit pénal à Paris, témoignait : « Mon patron, qui recevait des clients, me demande d’apporter un balai pour nettoyer son bureau. Je lui ai dit que je n’étais pas femme de ménage. Sa réponse : “Vous ne couchez pas, vous ne faites pas le ménage, vous servez à quoi ?” »

De son côté, le CNB dénonce les écarts de salaire entre les hommes et les femmes dans la profession. À l’heure actuelle, « la différence de rémunération entre les avocats et les avocates est de 50 % », a expliqué Laetitia Avia, avocate et députée En Marche de Paris. Une différence bien plus nette que dans le reste de la population active : en comparaison, de manière plus globale, les femmes touchent 18,6 % de moins que les hommes, selon l’Insee. Or, depuis la prestation de serment de la première femme avocate en 1900, la profession s’est largement féminisée pour atteindre aujourd’hui plus de 55 % des effectifs totaux (65 480 avocats). Avec 27 461 avocats, le barreau de Paris concentre à lui seul 42 % de l’effectif total.

Prévenir les atteintes sexistes

Christiane Féral-Schuhl s’est également engagée sur quatre points : prévenir les atteintes sexistes au sein de la profession des avocats insistant sur la nécessité « de balayer devant notre porte », instaurer un fonds d'aide réservé aux victimes d’agressions sexuelles, développer la formation des avocats en la matière en instaurant une liste de numéros de téléphone d’avocats spécialisés dans ce type de prise en charge et mettre en place des interventions dans les écoles par le biais de programme d’éducation au droit et à l’égalité hommes/femmes au cours.

Le CNB a également signé une convention avec le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE) qui va obliger l’organisme ainsi que ses membres à utiliser une « communication publique sans stéréotype de sexe ». Il faut « nommer les femmes pour les rendre visibles » selon Danielle Bousquet, la présidente du HCE. « Il est important que les petites filles entendent qu’il existe des avocates, des magistrates, des mathématiciennes, des préfètes, des rectrices… ».

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