Sophia-Antipolis: Les salariés de Galderma ont voté une grève reconductible

EMPLOI En septembre, le géant suisse Nestlé avait annoncé un changement de stratégie pour sa filiale Nestlé Skin Health qui contrôle la marque Galderma, et le transfert en Suisse du futur centre de recherches…

M.F. avec AFP

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Le groupe Nestlé - Illustration
Le groupe Nestlé - Illustration — Fabrice COFFRINI / AFP

Ils veulent sauver leurs emploisLes salariés du laboratoire dermatologique  Galderma, une filiale de Nestlé implantée à Sophia-Antipolis, dont la fermeture a été annoncée pour septembre 2018, ont voté une grève à compter de jeudi, ont annoncé mercredi leurs représentants syndicaux. Quelque 300 salariés réunis en assemblée générale ont voté cette grève reconductible, à plus de 265 voix pour et 15 contre.

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Dans le cadre du plan social qui doit être présenté devant le comité d’entreprise le 14 mars, « on nous propose les mesures d’accompagnement d’un laboratoire alimentaire alors que nous sommes un laboratoire pharmaceutique », a déploré Nathalie Strauss, secrétaire du comité d’entreprise et déléguée syndicale CFDT, seul syndicat représenté chez Galderma. Le site emploie 543 personnes.

« Sécuriser leur avenir »

Selon Nathalie Strauss, la direction a annoncé que 225 salariés pourraient être maintenus en activité sur le site au cas où des repreneurs se présenteraient. « Mais pour les autres qui vont partir d’eux-mêmes ou être licenciés, nous n’arrivons pas à sécuriser leur avenir », explique Nathalie Strauss.

« Une série de mesures d’accompagnement a été présentée et enrichie, le dialogue reste ouvert », a indiqué un porte-parole de la direction. Il fait état d'« avancées significatives sur le terrain du maintien de l’activité sur le site via la recherche de repreneurs » et confirme la possibilité de « maintenir au moins 200 postes sur le site ». « Notre objectif reste de signer d’ici le 14 mars un accord avec l’organisation syndicale », avance ce porte-parole.

« Les salariés aujourd’hui sont écœurés »

Nathalie Strauss critique un dispositif de pré-retraite peu attractif qui prévoirait une rente de 80 % du salaire pendant quatre ans et le rachat de trimestres à la charge de l’entreprise, mais en contrepartie le départ se ferait avec une indemnité de convention de retraite, et non l’indemnité légale de rupture de contrat, plus favorable. Les salariés demandent également « une vraie indemnité de deux ans » pour les salariés qui ont un projet de création d’entreprise.

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« On va brûler des palettes, faire du bruit, bloquer la circulation, la direction nous pousse à devenir pas des voyous mais presque, c’est dommage mais les salariés aujourd’hui sont écœurés », note la représentante syndicale.

Changement de stratégie

En septembre 2017, le géant suisse Nestlé avait annoncé un changement de stratégie pour sa filiale Nestlé Skin Health qui contrôle la marque Galderma, et le transfert en Suisse du futur centre de recherches.

Installé sur la technopole de Sophia-Antipolis depuis 1981, le laboratoire Galderma, créé à l’origine par L’Oréal et Nestlé, puis repris à 100 % par Nestlé en 2014, était présenté comme le plus grand centre de recherches et de développement sur la dermatologie dans le monde.