«Soulagé» après sa relaxe, Jawad Bendaoud a quitté Saint-Denis pour «s'installer au calme»

13-NOVEMBRE Trois semaines après sa relaxe par le tribunal correctionnel de Paris pour des faits de recel de malfaiteurs terroristes, Jawad Bendaoud a raconté sa vie d’après devant les caméra de BFM TV...

Lucie Bras

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Jawad Bendaoud, l'homme qui a logé les terroristes dans un appartement de Saint-Denis
Jawad Bendaoud, l'homme qui a logé les terroristes dans un appartement de Saint-Denis — BFMTV / AFP

Il est connu de tous sous le nom du «logeur de Daesh». Jawad Bendaoud s’est confié à BFM TV ce mercredi, presque trois ans après son interview restée dans les mémoires sur la même chaîne. Le jeune homme de 31 ans a quitté Saint-Denis, sa ville d’origine pour « s’installer au calme ». Dans une vidéo au bord de la mer, il raconte son « soulagement » à l’annonce du verdict, bien qu’il reste dans l’attente d’un procès en appel. « Je pensais être condamné. Parce qu’il y a l’opinion publique. Les juges, comme a dit mon avocat, ont fait preuve de courage », estime-t-il, avant de préciser qu’il « pensait être condamné à 80 % ».

En détention pendant 27 mois, depuis les attentats du 13 novembre 2015, enfermé « à l’isolement », il a vécu comme un choc sa sortie de la maison d’arrêt de Fresnes. Il n’était « pas préparé à sortir de prison ». « On était heureux », se rappelle-t-il. Désormais, il « préfère rester au calme ». « Je n’ai pas envie de me mélanger à la foule », confie-t-il.

« On dira toujours "le logeur" »

Hanté par le souvenir de ces années difficiles, il espère un jour pouvoir se débarrasser de ce surnom de « logeur » qui lui colle à la peau. « L’affaire, elle est toujours là », témoigne-t-il. Et d’ajouter : « Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, je serai toujours associé à cette histoire. On dira toujours : "c’est le logeur" ».

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Il confie aussi se sentir “responsable” du traumatisme vécu par certains habitants de Saint-Denis. « Je n’étais pas au courant que c’était des terroristes. Je n’ai rien à me reprocher. Je pourrais très bien y aller et dire "Je n’ai rien à voir, j’ai été jugé, on m’a relaxé". Mais il y a des traumatismes qui n’ont pas encore été soignés. J’en suis responsable, même si je ne connaissais pas l’identité des individus que j’ai hébergés », conclut-il.

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Jawad Bendaoud a été relaxé le 14 février par le tribunal correctionnel de Paris, alors que le parquet avait requis quatre ans de prison. Celui-ci a annoncé dans la foulée qu’il faisait appel de la relaxe de Jawad Bendaoud et des condamnations prononcées contre les deux autres prévenus.