Lyon, le 27 avril 2016. L'hôpital Saint-Luc Saint-Joseph.
Lyon, le 27 avril 2016. L'hôpital Saint-Luc Saint-Joseph. — Elisa Frisullo / 20 Minutes

GROGNE

Lyon: Les urgences de Saint-Joseph-Saint-Luc à leur tour en grève, le mouvement s'étend dans les hôpitaux de la ville

Les personnels des urgences de Saint-Joseph-Saint-Luc ont rejoint ce lundi le mouvement de grève qui touche depuis plusieurs semaines d’autres hôpitaux lyonnais…

  • Les personnels des urgences de Saint-Joseph-Saint-Luc ont rejoint ce lundi le mouvement de grève qui touche depuis plusieurs semaines d’autres hôpitaux lyonnais.
  • Ils déplorent à leur tour des conditions de travail « déplorables ».
  • En cause : le manque d’effectifs et de lits disponibles pour les patients qui s’entassent dans les couloirs du service.

Un ras-le-bol qui monte. Les personnels des urgences du centre hospitalier Saint-Joseph-Saint-Luc, à Lyon, se sont mis en grève ce lundi, rejoignant ainsi le mouvement qui touche depuis plusieurs semaines d’autres hôpitaux de la ville. « Nos conditions de travail se détériorent d’année en année », annonce en préambule Paul, infirmier.

>> A lire aussi : Lyon: La colère des salariés des hospices civils monte

Marie a intégré les urgences il y a un an, après avoir exercé à l’hôpital Édouard-Herriot. « Il n’y a aucune différence. On retrouve les mêmes problèmes », dit-elle. À savoir un « manque cruel d’effectifs » pour gérer le nombre croissant de patients reçus au sein du service. « Plus de 2.400 passages supplémentaires ont été enregistrés en l’espace de quatre ans », rappelle Paul.

250 patients de plus chaque mois

« En 2013, on était à 36.000 passages aux urgences par an. À la fin de l’année 2017, on en comptait 39.000. C’est-à-dire une moyenne de 250 par mois, complète Marie. Résultat : les patients doivent attendre entre six et huit heures en moyenne pour consulter un médecin ».

>> A lire aussi : «Les hospices civils nous poussent à de la maltraitance involontaire», confie un personnel des urgences en grève

« À l’entrée des urgences, il y a deux personnes, un aide-soignant et un infirmier pour établir un questionnaire adapté, rassembler un maximum d’informations. Lorsqu’ils enregistrent dix entrées par heure, nous avons environ 30 secondes à consacrer à chaque patient », déplore Paul qui souhaiterait que la direction recrute du personnel supplémentaire dont un médecin d’accueil et d’orientation à l’accueil des urgences.

« C’est l’usine »

« Il pourrait lui-même faire des prescriptions et rediriger les personnes qui viennent vers d’autres services quand c’est nécessaire. Aujourd’hui, nous sommes dans l’obligation de quitter notre poste d’accueil pour avoir un avis médical, pour montrer un électrocardiogramme ou autre. Et le médecin ne peut pas être toujours disponible à ce moment ».

>> A lire aussi : La grève reconduite aux urgences de l’hôpital Edouard-Herriot malgré une rencontre avec la direction des HCL

Remontés, les personnels dénoncent un « manque de lits en aval ». « C’est l’usine, lâche Paul. Les conditions de prise en charge sont devenues inacceptables. Les patients s’entassent dans les couloirs sur des brancards ». Récemment, Marie a été appelée en renfort un dimanche matin pour faire face à un afflux de visiteurs. « Il y avait déjà 50 patients dans les murs ». Six d’entre eux avaient été placés dans la salle d’attente des résultats, une dizaine d’autres dans des box prévus à cet effet. Pour le reste ? « Plus de la moitié était dans les couloirs. Et on ne compte pas toutes les arrivées qui ont été enregistrées ensuite dans la matinée », répond-elle, soulignant que durant l’hiver, le service des urgences a compté jusqu’à 143 passages en 24 heures.

Séance de toilette entre deux paravents

« Le pire c’est l’absence d’intimité et de confort dans ces cas-là. Nous sommes réduits à faire la toilette des patients entre deux paravents. C’est un manque de respect pour eux », poursuit l’infirmière. Et d’ajouter : « J’aime mon métier et je ne me vois pas faire autre chose. Mais on ne peut pas travailler dans ces conditions. On met la vie de nos patients en danger, ils n’ont même pas de sonnettes pour appeler s’ils se sentent mal ».

Réunis en assemblée générale, les personnels devaient voter ce lundi le principe d’une grève 24h/24h. Le mouvement a été initié par leurs collègues des urgences de Lyon Sud et d’Edouard-Herriot, établissements des Hospices civils de Lyon (HCL). En grève depuis le mois de février, ils assurent néanmoins leur service. Aides-soignants et infirmiers grévistes ont d’ailleurs manifesté samedi en tenue de travail dans le centre de Lyon pour exposer leurs revendications.