Guadeloupe: La ministre des Outre-mer Annick Girardin a «suspendu» la délocalisation partielle du CHU

OUTRE-MER La direction du CHU avait annoncé privilégier une « délocalisation partielle en interne » après des malaises causés par l’incendie qui a ravagé l’établissement fin novembre 2017…

20 Minutes avec agences

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La ministre des Outre-mer Annick Girardin a « suspendu » la décision d’une délocalisation partielle du CHU de la Guadeloupe.
La ministre des Outre-mer Annick Girardin a « suspendu » la décision d’une délocalisation partielle du CHU de la Guadeloupe. — MEDIACORTEX/SIPA

La situation reste tendue au CHU de la Guadeloupe. La ministre des Outre-mer Annick Girardin a annoncé ce samedi soir avoir « suspendu » la décision d’une délocalisation partielle de l’établissement. Un collectif de personnels dénonçait un « bâtiment malsain », a confirmé dimanche son entourage.

Le « collectif de défense » du CHU a été formé courant février après des « malaises » au sein de l’hôpital réinvesti au début de l’année après l’incendie du 28 novembre 2017.

Nettoyer l’ensemble du bâtiment

La rencontre avec ses représentants, à la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre, n’était pas prévue dans le programme officiel du déplacement d’Annick Girardin en Guadeloupe. Mais la tension était vive après l’annonce de la direction du CHU, jeudi, de privilégier une « délocalisation partielle en interne, par le biais d’opérations tiroirs entre services » tandis que le collectif demandait une « délocalisation externe ».

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« J’ai entendu l’inquiétude des personnels, j’ai aussi débattu avec eux de la décision qui avait été prise de ne pas délocaliser ou de ne pas externaliser un certain nombre de services pour pouvoir nettoyer l’ensemble du bâtiment. J’ai donc suspendu une partie de la décision qui avait été prise », a indiqué Annick Girardin à des médias locaux.

Une situation d’urgence

« Ça nous permet de diminuer la tension mais ça n’est toujours pas satisfaisant », a réagi Mona Hedreville, cardiologue au CHU. Cette porte-parole du collectif a estimé que cela « ne répond pas à nos constats et à nos demandes », telles que « la délocalisation externe le temps d’assainir ce bâtiment ».

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« Trois mois après, on se retrouve de nouveau dans une situation d’urgence », a-t-elle dénoncé, évoquant une « recrudescence des odeurs en stérilisation et en laboratoire », en « chirurgie pédiatrique » et « au 9e étage » avec de récents malaises « dans la tour nord ». Selon Mona Hedreville, « cinq confrères sont en arrêt de travail » dont l’un pour des « troubles neurologiques avec un taux élevé de monoxyde de carbone » dans le sang.

Un incendie d’origine humaine

« Je reste persuadé que le plan de nettoyage en site occupé est la meilleure solution après je suis tout à fait ouvert si on se rend compte que le bénéfice risque est inférieur », a expliqué le directeur général du CHU Pierre Thépot, qui espère « pouvoir rouvrir les urgences à la fin du mois et les blocs opératoires ».

L’enquête, elle, avance. Le sinistre pourrait être « d’origine humaine » d’après le parquet de Pointe-à-Pitre. Un rapport d’expertise estime que « l’hypothèse de l’incendie la plus probable est celle d’un incendie d’origine accidentelle dû à la chute d’une cigarette ». Mais « on ne peut pas exclure que ce mégot ait été déposé de manière volontaire », a ajouté le procureur de la République Xavier Bonhomme.