Qui sont les divorcés qui décident de se remarier?

FAMILLE Selon une étude de l'Insee parue ce jeudi, une personne sur cinq qui s'est mariée en 2016 était divorcée...

Delphine Bancaud

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Illustration mariage.
Illustration mariage. — Pixabay/Wenphotos
  • Quand ils se remarient, huit divorcés sur dix ont 40 ans ou plus.
  • Un tiers des personnes qui se sont remariées en 2016 avaient divorcé depuis moins de 5 ans.
  • Des secondes noces motivées par des raisons sentimentales et pragmatiques.

Ils ont connu les affres du divorce, mais cela ne les a pas empêchés de redire oui à la mairie. Selon une étude de l'Insee publiée ce jeudi, 18 % des mariés en 2016 étaient des divorcés. Une proportion non négligeable, comme le souligne Marie Reynaud, à la tête de l'unité des études démographiques et sociales de l’Insee : « La part des divorcés parmi l’ensemble des mariés a augmenté entre 1998 et 2005 avant de se stabiliser autour de 19 % pour les hommes et 18 % pour les femmes ».

Mais ces chiffres sont à relativiser selon Laurent Toulemon, chercheur à l’Ined : « En 2000, 10 ans après la fin de leur mariage, 30 % des divorcés étaient remariés. Ils ne sont plus que 25 % aujourd’hui. Et ce, parce que le mariage est en perte de vitesse, notamment en raison de sa concurrence par le Pacs », explique-t-il.

Des quadragénaires qui savent ce qu’ils veulent

Quand ils convolent à nouveau, huit divorcés sur dix ont 40 ans ou plus, souligne l’Insee. « Et les hommes qui se remarient sont souvent plus âgés que les femmes dans la même situation. Par ailleurs, ils ont en moyenne presque quatre ans de plus que leur deuxième conjointe », précise Marie Reynaud.

Et alors que l’on pourrait croire que les divorcés ont besoin de beaucoup de temps pour panser leurs blessures sentimentales après un divorce, l’Insee montre que ce n’est pas le cas de tout le monde. Car 33 % des personnes qui se sont remariées en 2016 avaient divorcé depuis moins de 5 ans : « cela peut surprendre de voir que 4 % des personnes se sont remariées l’année de leur divorce et 9 % l’année suivant leur divorce », comment Marie Reynaud.

Peut-être parce qu’ils connaissaient leur deuxième conjoint avant leur divorce… Mais ce n’est pas la seule explication, selon Laurent Toulemon : « A 40 ou 50 ans, on sait davantage ce que l’on attend d’une relation de couple et si l’on préfère vivre en union libre, se pacser ou se marier. Ce qui explique que le délai d’attente soit plutôt court », explique le chercheur. Ainsi plus l’année du divorce est ancienne, moins les remariages sont nombreux.

« Ils rejettent leur ex mais ne sont pas pour autant dégoûtés du mariage »

Quant à savoir ce qui incite les déçus d’un premier mariage à opter pour des secondes noces, les raisons sont tout d’abord sentimentales : « Les couples se remarient car ils veulent rendre leur union publique », souligne Laurent Toulemon. Et le fait que leur première union ait tourné au vinaigre ne les a pas forcément échaudés : « Ils rejettent leur ex mais ne sont pas pour autant dégoûtés du mariage », poursuit le chercheur.

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Selon lui, les motivations des remariés ne sont pas que romantiques, mais aussi pragmatiques : « Ils savent que le mariage offre quelques protections en plus par rapport au Pacs, comme la pension de réversion, des règles d’héritage plus favorables… Et qu’en cas de séparation, les questions liées au patrimoine et à la garde des enfants sont plus faciles à régler dans le cadre d’un mariage », note-t-il. Un remariage entre raison et passion donc.