VIDEO. Salon de l'agriculture: Le vétérinaire veille au bien-être des animaux

ANIMAUX Olivier Chaumeil est vétérinaire en Haute-Vienne. Il assure une permanence de 48 heures au Salon de l'agriculture tous les ans depuis 2002...

Charlotte Murat

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Olivier Chaumeil, vétérinaire, intervient sur une vache qui s'est blessée sous un ergot au Salon de l'agriculture
Olivier Chaumeil, vétérinaire, intervient sur une vache qui s'est blessée sous un ergot au Salon de l'agriculture — C. Murat/20 Minutes
  • Des vétérinaires sont présents en permanence au Salon de l'agriculture. 
  • Venus de toute la France, ils assurent des permanences de 48 heures.
  • Nous avons suivi Olivier Chaumeil, qui va au Salon tous les ans depuis 2002.
  • Les animaux peuvent présenter des pathologies liées au stress ou des blessures sans gravité.
  • Les bêtes présentes étant parmi les meilleures de leur race, elles doivent recevoir les meilleurs soins, afin de préserver leur patrimoine génétique. 

Dans la nuit de mardi à mercredi, il n’a dormi « que deux heures ». C’était la nuit de la rotation des bovins au Salon de l’agriculture. Des vaches sont parties, leurs stalles ont été nettoyées et désinfectées pour accueillir leurs remplaçantes tout juste débarquées de leur camion. « Cela demande énormément de logistique et les animaux peuvent présenter des traumatismes liés au transport, au débarquement ou à l’attente », précise Olivier Chaumeil. Ce vétérinaire de 57 ans qui exerce à Ambazac, en Haute-Vienne, vient assurer une permanence de 48 heures au Salon de l’Agriculture tous les ans depuis 2002.

Grenouille, une vache Limousine, s’est blessée sous un ergot en débarquant du camion. Le vétérinaire l’a soignée pendant la nuit et revient pour une visite de contrôle, à son emplacement, sous le regard intéressé du public. « Si une intervention nécessite des gestes plus impressionnants ou qui ne seraient pas compris par les visiteurs, nous avons à notre disposition depuis deux ans une salle de soins », explique-t-il. Elle est située à quelques pas de là, à l’accueil vétérinaire du Pavillon1, celui des bovins, des ovins et des cochons.

Interventions gratuites

Pour Grenouille, rien de grave. Olivier Chaumeil administre un désinfectant en spray et échange quelques mots avec l’éleveur. L’intervention n’aura duré que quelques minutes. Pour savoir combien d’animaux ont eu besoin de soins depuis 24 heures, le vétérinaire regarde son ordonnancier. « J’en compte onze, mais ce n’est pas du tout représentatif. Ça dépend vraiment des jours. Et certaines interventions ne nécessitent pas de prescription, comme les sutures. »

Deux vétérinaires sont présents en permanence dans le Pavillon 1 - celui des bovins, des ovins et des cochons - et un autre officie dans le Pavillon des chevaux. Tous passent 48 heures sur le Salon, selon un système de rotation. « Les éleveurs ne sont pas autorisés à introduire de médicaments dans le Salon, explique Olivier Chaumeil. En contrepartie, toutes les interventions vétérinaires sont gratuites et les médicaments fournis. Un vétérinaire est présent depuis le débarquement du premier animal jusqu’à l’embarquement du dernier à la fin de Salon. »

Le bien-être avant tout

Les animaux présents au Salon de l’Agriculture sont tous bien portants, mais peuvent développer certaines pathologies liées au stress. « Ce que nous rencontrons le plus souvent sont des hyperventilations, des essoufflements, des baisses de la rumination, des inflammations de la mamelle et des problèmes de boiterie », énumère le vétérinaire. « Ce matin j’ai d’ailleurs renvoyé une vache chez elle parce qu’elle boitait. Elle devait participer au Trophée national des lycées agricoles, mais le bien-être des animaux passe avant le spectacle. »

Et le bien-être, c’est justement ce qui préoccupe Olivier Chaumeil à propos de Laurier, un taureau de race Salers, qui présente de gros problèmes de digestion. « Il a avalé un bout de métal », explique son propriétaire, Maurice Moncelon, tout droit venu de Buxières-les-Mines, dans l’Allier. « C’est très courant, mais il faut à tout prix éviter que ce corps étranger ne perfore son estomac », précise le vétérinaire. Il a fait avaler un aimant au taureau, qui va attirer le bout de fer dans son premier estomac - le ruminant en a quatre - là où il n’est pas dangereux pour son organisme. Mais il reste aux petits soins pour son patient, prenant sa température et lui administrant un anti-inflammatoire.

Si Laurier a perdu trop de poids pour être présenté au concours, il reste un excellent reproducteur. « Il est l’un des plus beaux représentants de sa race, précise Maurice Moncelon. Ses paillettes sont envoyées dans le monde entier. » « Travailler au Salon demande une très grande rigueur professionnelle. Ces animaux sont des bêtes d’exception, porteuses de patrimoine », conclut Olivier Chaumeil.

 

Décès et crises de panique des animaux sont très rares

Olivier Chaumeil l'assure, les animaux présentés au Salon de l'agriculture sont très calmes. «Il est très rare qu'un animal panique. Je dirais un animal en moyenne tous les deux ans. En 2017, une vache qui avait perdu son veau s'est enfuie dans les allées avant l'ouverture au public. On a retrouvé son veau pour l'attirer et j'ai ensuite pu lui adminstrer un calmant.» Quant aux décès, ils peuvent arriver: «Il y a six ou sept ans, un taureau a fait une crise cardique à 23 h. Mais ça reste rarissime.»