Le Cese dénonce le retard pris par la France dans la transition énergétique

ENERGIES Rénovation des bâtiments, réduction des émissions de carbone dans les transports, développement des énergies renouvelables, tous les chantiers ont pris du retard…

20 Minutes avec AFP

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Le siège du Cese, le Palais d'Iéna, à Paris
Le siège du Cese, le Palais d'Iéna, à Paris — THOMAS SAMSON AFP

Des objectifs « loin d’être atteints » et des moyens « insuffisants ». La trajectoire de la France pour atteindre les objectifs de la loi sur la transition énergétique « n’est pas la bonne », estime  le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Cet avis doit être officiellement approuvé par ses membres mercredi après-midi.

La loi sur la transition énergétique, votée en 2015, prévoit notamment la réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990 et 32 % d'énergies renouvelables dans la consommation (40 % de la production) en 2030.

« Ce n’est pas possible d’atteindre les objectifs »

Rénovation des bâtiments, réduction des émissions de carbone dans les transports, développement des énergies renouvelables, tous les chantiers ont pris du retard. « Avec les mesures qui existent aujourd’hui, ce n’est pas possible d’atteindre les objectifs », s’est inquiétée la rapporteure Madeleine Charru. Pire, selon elle, les mesures supplémentaires conseillées par l’organe consultatif au moment de la première Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en 2016 n’ont « jamais été mises en œuvre ».

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Concernant le plan de rénovation, qui prévoyait 500.000 logements rénovés par an, le suivi est « insuffisant » et « l’Etat ne s’est pas franchement donné les moyens », a accusé le rapporteur Guillaume Duval, son homologue fustigeant la « jungle d’outils » de financement qui perd le consommateur.

Plusieurs préconisations de l’assemblée consultative

Pour combler le retard pris, l’assemblée consultative formule plusieurs demandes : l’élaboration d’une feuille de route précise pour toutes les filières de production d’énergie, en particulier pour le nucléaire, une meilleure prise en compte de l’alimentation, un levier de réduction des émissions de gaz à effet de serre « complètement ignoré » selon Madeleine Charru, ainsi que des incitations financières plus conséquentes et plus stables.

Le Conseil propose en outre de négocier au niveau européen afin d’exclure des critères de déficit et de dette publics les financements destinés à la transition énergétique.