Ariège: Les sushis en libre-service à la conquête du Sud-Ouest, puis de la France entière

GASTRONOMIE Sushi’N’Roll se développe depuis le petit village ariégeois d’Auzat. Ambitieuse, cette boîte implante notamment des distributeurs de sushis dans les entreprises…

Nicolas Stival

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L'Ariège se met aussi à produire des sushis. Illustration.
L'Ariège se met aussi à produire des sushis. Illustration. — F. Durand / Sipa
  • Spécialité japonaise mondialement connue, le sushi est désormais également produit dans un village des Pyrénées.
  • Sushi’N’Roll veut « démocratiser » ce mets dans le Sud-Ouest, avant de lancer des franchises dans le reste de la France.

La mounjetado, l’azinat, les taillous… Voici trois plats typiquement ariégeois. Depuis septembre 2017, on peut ajouter une quatrième spécialité à ces mets qui tiennent bien au corps. Ex-responsable dans l’industrie pharmaceutique, Cyril Michaux a lancé Sushi’N’Roll à Auzat, village d’environ 500 habitants niché au fond de la vallée de Vicdessos.

« Dans mon ancien métier, je passais mon temps sur la route, à manger des sandwichs qui font mal au ventre, explique l’entrepreneur parisien de 45 ans. J’ai aussi connu les plateaux-repas qui donnent envie de dormir en réunion. » D’où l’idée de développer une usine en France avec un produit différent mais populaire, pour fournir des frigos installés dans des petits commerces, supérettes et supermarchés, et des distributeurs automatiques dans les entreprises, sans oublier une fonction de traiteur.

« Démocratiser le sushi »

« J’ai de la famille en Thaïlande et à Tokyo et je mange des sushis depuis que j’ai deux ans et demi », justifie le quadragénaire. On voit l’idée, mais pourquoi s’installer dans un village plutôt isolé des Pyrénées, où un siècle d’histoire industrielle avait été balayé par la traumatisante fermeture de l’usine d’aluminium Pechiney en 2003 ?

« Je connais bien le coin car j’ai une maison au-dessus d’Auzat. Et aussi pour les aides nationales, régionales et départementales. Si je m’étais installé à Toulouse, la location me coûterait dix fois plus cher », reprend Cyril Michaux, qui joue cartes sur tables. Or, son entreprise compte justement « démocratiser le sushi », avec des tarifs inférieurs « de 30 à 40 % » à ceux du marché, à partir de six euros le plateau.

Sushi’N’Roll n’a pas de boutique à son nom, et la production est semi-automatisée dans des locaux de 210 mètres carrés. Des machines « made in Japan » nettoient le riz, le mélangent et le font refroidir, fabriquent des boulettes ou des tapis, pour les makis et les California Rolls. Au bout de la chaîne, des employés roulent le produit et le coupent. Au total, chauffeurs compris, l’entreprise emploie 13 salariés.

« On sera 15 à partir du 5 mars », précise le patron, qui dévoile sa stratégie de conquête. « On a débuté par l’Ariège, on est entrés en Haute-Garonne, on commence à être dans l’Aude, puis on vise les Pyrénées-Orientales et la Catalogne espagnole, jusqu’à 80 km après Barcelone. »

300 barquettes par jour, en attendant une nouvelle usine

Après les frigos qui ont commencé à « pousser » dans les commerces ariégeois, les distributeurs automatiques doivent arriver en septembre dans de grandes entreprises toulousaines. « Tous les jours, un chauffeur viendra nettoyer le distributeur, enlever les plateaux restants et en remettre de nouveau », détaille Cyril Michaux, dont l’usine produit 300 barquettes par jour, avec chacune une capacité de dix à douze pièces.

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La suite ? Sushi’N’Roll souhaite développer un système de franchises dans le reste de la France et des produits sous marque blanche. Une nouvelle unité de fabrication doit voir le jour d’ici deux ans à Perles-et-Castelet, à 45 km d’Auzat, encore et toujours en Ariège. Un département où le Francilien d’origine ne regrette pas d’avoir investi.

« C’est plutôt une terre de "viandards", il a fallu générer l’envie de manger du poisson cru. Mais nous avons été très bien accueillis. »