Paca: Renaud Muselier supprime une aide, les radios associatives vont-elles continuer d'émettre?

PLURALISME Le président de la région Paca, Renaud Muselier, a annoncé début janvier la fin d’une aide versée par la région aux radios associatives…

Adrien Max

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Illustration d'une radio associative
Illustration d'une radio associative — G . VARELA / 20 MINUTES
  • Renaud Muselier, président de la région Paca, a annoncé début janvier que plus aucun crédit ne sera alloué au fond de soutien radiophonique de la région.
  • Les radios associatives se sentent menacées après la suppression des emplois aidés, la baisse des subventions et la suppression de ce fond.
  • La mobilisation n’est pas aisée, les radios ont des modèles différents et déjà beaucoup à faire au quotidien.

Les 40 radios associatives que compte la région Paca, vont-elles continuer à émettre ? C’est la question que se pose la fédération des radios associatives du Sud-Est (FRASE) après avoir reçu, le 8 janvier dernier, une lettre de la région annonçant que « plus aucun crédit ne sera alloué au fonds de soutien radiophonique », qui bénéficiait jusqu’alors d’une dotation de 300.000 euros par an.

« Nous avions réussi à obtenir la signature de cette convention en 2005, ce qui faisait de la région la première à obtenir un document de cette nature. Elle était renouvelée tous les trois ans. Le changement de majorité avec l’élection de Christian Estrosi n’y avait rien changé et voilà qu’en quatre lignes, Renaud Muselier y met fin », explique, dépité, Gilbert Andruccioli, président de la FRASE. Il organisait ce lundi une conférence de presse avec certaines radios associatives pour décider des actions à mener.

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Accumulation de suppressions

Le montant de la dotation, 300.000 euros, représente environ 15 % des subventions que touchent ces radios associatives, mais elle est essentielle. « Elle nous sert à renouveler le matériel et selon mes calculs, cela pourrait représenter la perte d’une dizaine d’emplois au minimum », avance Gilbert Andruccioli. L’accumulation de la suppression des emplois aidés, de la baisse des subventions et cette suppression devient un problème sérieux pour le futur de ces radios.

C’est donc l’heure de la mobilisation. Une dizaine de radios, sur 40, ont écrit à Renaud Muselier. Gilbert Andruccioli a averti chaque conseiller régional et chaque député du secteur et une pétition a été lancée en ligne. « J’ai envoyé un spot que les radios peuvent diffuser pour avertir leurs auditeurs mais seulement dix m’ont accusé bonne réception et rien ne garantit qu’ils vont le diffuser », s’inquiète Gilbert Andruccioli.

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Situation déjà précaire

Radio Grenouille, l’une des radios associatives les plus écoutées de la région avec près de 130.000 auditeurs, n’a pas pu venir à la conférence de presse. Mais ils se sentent forcément concernés. « On vient d’apprendre la nouvelle donc on en parle déjà en interne avant de pouvoir expliquer la situation à nos auditeurs, et de décider de la mobilisation », explique Pauline Gervais, chargée de développement à Radio Grenouille.

Ces radios fonctionnent sur des modèles tellement différents qu’il est compliqué de faire émerger une stratégie commune. « Et on a tellement de choses à gérer au quotidien, on se démène déjà chacun de notre côté pour sauver notre barque », précise Pauline Gervais. La fédération étudie la possibilité de mener des actions en justice mais espère bien faire changer d’avis Renaud Muselier avant le 31 décembre prochain, date à laquelle la convention prendra fin.