Affaire Omar Raddad: «Il y aura un procès en révision !», assure son avocate

JUSTICE Sylvie Noachovitch, l’avocate d’Omar Raddad, a réclamé, ce lundi, une contre-expertise après l’échec des dernières analyses ADN…

Vincent Vantighem
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L'avocate Sylvie Noachovitch et son client Omar Raddad, photographiés en 2008 devant le ministère de la Justice, à Paris.
L'avocate Sylvie Noachovitch et son client Omar Raddad, photographiés en 2008 devant le ministère de la Justice, à Paris. — MEHDI FEDOUACH / AFP
  • Omar Raddad a été condamné en 1994 pour le meurtre de Ghislaine Marchal.
  • Gracié en 1996 par Jacques Chirac, il a toujours clamé son innocence.
  • Des comparaisons ADN réalisées en février n’ont pas permis de l’innocenter.
  • Sceptique, son avocate a décidé de réclamer une contre-expertise.

Le dossier Omar Raddad n’est pas prêt à rejoindre les rayonnages des archives judiciaires. Condamné pour le meurtre de Ghislaine Marchal, commis à Mougins (Alpes Maritimes) en juin 1991, le jardinier marocain a fait savoir, ce lundi par la voix de son avocate, qu’il réclamait une contre-expertise après l’échec des dernières comparaisons ADN effectuées en février.

Dans les colonnes du Parisien, Sylvie Noachovitch a, en effet, indiqué qu’elle venait d’adresser un recours auprès du procureur général d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) afin qu’une contre-expertise soit effectuée sur les pièces à conviction. Il y a une semaine, 20 Minutes avait révélé qu’un homme, un temps suspecté d’être impliqué dans l’affaire, avait finalement été mis hors de cause après l’échec des dernières comparaisons ADN.

« J’ai interrogé différents spécialistes qui ont émis de sérieux doutes sur la qualité de l’expertise qui écarte cet ADN », justifie Sylvie Noachovitch dans les colonnes du Parisien.



Des comparaisons avec l’entourage de Ghislaine Marchal ?

Et l’avocate ne compte pas en rester là. Comme elle l’a confié à 20 Minutes la semaine passée, elle réclame aussi de nouvelles comparaisons entre trois traces ADN découvertes récemment sur les pièces à conviction et l’entourage de Ghislaine Marchal.

Grâce au progrès de la science, les experts sont en effet parvenus ces dernières années à mettre en évidence trois traces génétiques sur les fameuses portes de la chaufferie sur lesquelles figuraient en lettres de sang les inscriptions « Omar m’a tuer » et « Omar m’a t ». « Je veux donc que ces traces soient maintenant comparées avec l’ensemble des protagonistes du dossier et donc avec l’entourage de Ghislaine Marchal », détaillait-elle.

Image extraite du film «Omar m'a tuer» de Roschdy Zem, en 2011.
Image extraite du film «Omar m'a tuer» de Roschdy Zem, en 2011. - Capture du film

Pour le procureur de Nice, « c’est terminé »

Chargé du dossier aujourd’hui, le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, ne semble pas prêt à accéder à sa requête. « On a déjà fait toutes les comparaisons nécessaires, confie-t-il à 20 Minutes. Comparer ces nouveaux ADN aux personnes appartenant à l’entourage de Madame Marchal ne servira à rien d’autre qu’à dire qu’ils appartenaient à l’entourage de Madame Marchal. Pour moi, c’est terminé… »

Une hypothèse qui ulcère Sylvie Noachovitch. « Nous n’en resterons pas là, je vous l’assure ! Il reste encore beaucoup de choses à découvrir. Et je peux vous assurer qu’Omar Raddad aura droit, au final, à un procès en révision. »