VIDEO. Harcèlement de rue: Un rapport parlementaire préconise une amende immédiate de 90 euros

POLITIQUE Cette amende de 90 euros correspondrait à une infraction d'« outrage sexiste »…

20 Minutes avec AFP

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Une jeune femme dans le métro à Paris
Une jeune femme dans le métro à Paris — Lionel Bonaventure AFP

Gestes déplacés, sifflements, remarques obscènes : des parlementaires préconisent de créer une infraction d'« outrage sexiste » sanctionnant d’une amende immédiate de 90 euros « tout propos, comportement ou pression à caractère sexiste ou sexuel » dans l’espace public.

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Commandé par la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et rédigé par cinq députés, ce rapport est remis ce mercredi à Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, et Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes. 

Dans ce rapport que l’AFP a pu se procurer recommandent notamment la mise en place d'« une contravention de 4e classe d’outrage sexiste et sexuel ».

L’infraction devra être constatée « en flagrance »

L’infraction devra être constatée « en flagrance » par les agents de la toute récente « police de proximité du quotidien », précise leur texte, dont certaines conclusions avaient fuité dans la presse.

Le montant de l’amende forfaitaire serait de 90 euros pour un paiement immédiat, 200 euros pour un paiement sous quinze jours et 350 euros en peine majorée. En cas de circonstances aggravantes (si l’auteur est dépositaire de l’autorité publique, en cas de réunion, ou de bande organisée), une contravention de 5e classe pourrait être délivrée par un tribunal de police.

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Le harcèlement subi dans l’espace public est un « fléau »

Jugeant le terme de harcèlement de rue « restreint », les députés définissent l'« outrage sexiste et sexuel » comme « le fait d’imposer, dans l’espace public, à raison du sexe, de l’identité ou de l’orientation sexuelle réelle ou supposée de la personne ou d’un groupe de personnes, tout propos ou comportement ou pression à caractère sexiste ou sexuelle qui soit porte atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit crée à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ».

Pour Sophie Auconie (UDI, Agir et Indépendants), Laetitia Avia (LREM), Erwan Balanant (Modem), Elise Fajgeles (LREM) et Marietta Karamanli (Nouvelle gauche), le harcèlement subi dans l’espace public est un « fléau ». Ils estiment nécessaire de « définir une nouvelle infraction visant à sanctionner, entre autres, les gestes déplacés, les sifflements, les regards insistants ou remarques obscènes, le fait de suivre volontairement à distance une personne créant ainsi une situation d’angoisse », plaident-ils.

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Un stage de sensibilisation à l’égalité femmes-hommes

Le rapport souhaite également que les auteurs participent à un stage de sensibilisation à l’égalité femmes-hommes, et que la police municipale et les agents des services de sécurité des transports soient habilités à constater cette infraction.

L'« outrage sexiste » doit figurer dans le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, qui sera présenté dans les prochaines semaines en conseil des ministres.