Xavier Bertrand à «l’impression de se faire avoir» par la SNCF

TRANSPORT Le président des Hauts-de-France a assuré qu’il ne pouvait plus discuter avec le transporteur ferroviaire…

Mikael Libert

— 

Xavier Bertrand s'en est pris vertement à la SNCF.
Xavier Bertrand s'en est pris vertement à la SNCF. — M.Libert/20 Minutes

Mercredi, le président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a dit au micro de France Inter tout le mal qu’il pensait des « financiers » de la SNCF. Il a par ailleurs réaffirmé la nécessité d’une ouverture à la concurrence sur les lignes régionales.

« Qui va assumer l’aménagement du territoire ? »

Questionné sur le rapport Spinetta, Xavier Bertrand s’est d’abord interrogé sur la question de l’aménagement du territoire si la SNCF devait devenir une société privée à capitaux publics : « Qui va assumer l’aménagement du territoire ? L’Etat ou les régions ? », a-t-il demandé. Le rapport en question mentionne que seulement 2 % des Français utilisent les « petites lignes » pointées du doigt dans le rapport.

« Normalement, dans un service public, on assume la desserte de tout le monde sur le territoire », a poursuivi le président des Hauts-de-France avant d’interpeller Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique, sur le retour en arrière que serait le transfert de ces petites lignes ferroviaires sur des lignes de bus.

« J’ai l’impression de me faire avoir »

Un autre tacle bien appuyé concerne l’aspect financier : « Je n’en ai pas pour mon argent, la région fait les fins de mois de la SNCF », a martelé Xavier Bertrand au sujet de la « vérité des coûts » de la maintenance des trains dont il n’arrive pas à obtenir le détail. « Pourquoi installer une caméra de surveillance dans une gare me coûte trois fois plus cher qu’en installer une dans un lycée, s’est-il encore interrogé. J’ai l’impression de me faire avoir ».

Coup de grâce, Xavier Bertrand estime que le dialogue est impossible avec le patron de la SNCF, Guillaume Pépy, et souhaite un « tiers de confiance ». Selon lui, il a demandé à plusieurs reprises des explications sur les retards récurrents sur certaines lignes TER, notamment le Paris-Lens et les lignes entre l’Oise et la capitale. « J’attends toujours les réponses », a déploré Xavier Bertrand, mettant de nouveau en avant que l’ ouverture à la concurrence serait une « bonne chose » permettant « d’avoir de meilleurs résultats ».