Torture, oeil perdu, «pitié» pour Marine... Six choses à retenir du premier tome des mémoires de Jean-Marie Le Pen

LIVRE Le cofondateur du Front national donne sa version de l'histoire du XXe siècle dans le premier tome de ses mémoires...

20 Minutes avec AFP

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Jean-Marie Le Pen à Saint-Cloud, le 12 octobre 2017.
Jean-Marie Le Pen à Saint-Cloud, le 12 octobre 2017. — SARAH ALCALAY/SIPA

C’est sa vérité. Dans Fils de la nation, à paraître aux éditions Muller le 28 février, Jean-Marie Le Pen raconte (une partie de) ses mémoires. Le Parisien et Le Point ont publié des extraits en ligne mardi de ce premier tome. Le deuxième est en cours d’écriture et pourrait sortir d’ici la fin de l’année. Voici six choses à retenir.

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« Pétain n’a pas manqué à l’honneur »

Philippe Pétain, devenu président du Conseil en juin 1940, « était légal et légitime, il avait passé avec le Reich un acte régulier et contraignant », écrit Jean-Marie Le Pen. « Que l’on puisse discuter ensuite de la politique de collaboration, de ses fautes, de ses excès, à condition qu’on examine les fautes et les excès de tous, je le veux bien, mais cela ne remet pas en cause ce que je viens de décrire ». « Si de Gaulle a eu de la vista, Pétain n’a pas manqué à l’honneur en signant l’armistice ».

« L’opinion majoritaire était d’ailleurs que la France avait besoin d’une épée et d’un bouclier contre les Allemands et je l’ai partagée longtemps, jusqu’au jour où l’écoute de la radio de Londres m’en détrompa. Il m’apparut vite que pour les gaullistes de micro, l’ennemi était à Vichy plus qu’à Berlin. Les Français parlaient aux Français pour leur enseigner plus la haine du maréchal que celle d’Hitler. J’en fus atterré. Je ne comprenais pas pourquoi. La raison était pourtant simple : il fallait que de Gaulle abaissât Pétain pour monter lui-même », estime Jean-Marie Le Pen.

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De Gaulle, « il me parut laid »

Charles de Gaulle « reste pour moi une horrible source de souffrance pour la France », écrit l’ancien président du FN qui relate la première fois où il l’aperçut, en 1945 dans le Morbihan : « Je serrai cette main indifférente. Il me parut laid et dit quelques banalités à la tribune tendue de tricolore. Il n’avait pas une tête de héros. Un héros doit être beau. Comme saint Michel ou le maréchal Pétain. J’étais à nouveau déçu ».

« En apparence il y a deux de Gaulle, le rebelle de 1940 et le chasseur de rebelles de 1961. Mais tous les deux, ensemble, forment pour moi un faux grand homme dont le destin fut d’aider la France à devenir petite », juge-t-il.

Retour sur la torture en Algérie

Jean-Marie Le Pen revient également sur la torture pratiquée en Algérie. « L’armée française revenait d’Indochine. Là-bas, elle avait vu des violences horribles qui passent l’imagination et font paraître l’arrachage d’un ongle pour presque humain. (…) Cette horreur, notre mission était d’y mettre fin. Alors, oui, l’armée française a bien pratiqué la question pour obtenir des informations durant la bataille d’Alger, mais les moyens qu’elle y employa furent les moins violents possible ».

« Y figuraient les coups, la gégène et la baignoire, mais nulle mutilation, rien qui touche à l’intégrité physique ». « Il est plus que ridicule, il est pervers, il est profondément immoral, de jeter l’opprobre sur des hommes qui ont le courage d’utiliser sur ordre, pour obtenir le renseignement qui sauvera des civils, des méthodes brutales qui leur pèsent, qui leur coûtent », poursuit Jean-Marie Le Pen, qui ajoute que « ni [lui], ni [s] es camarades n’ét [aient] nullement chargés des interrogatoires spéciaux. (…) C’est du bidon, évidemment du bidon, qui ne résiste pas à la plus rapide des analyses ».

Il a « pitié » de Marine

Il aborde ses enfants à la fin de l’ouvrage et ses mots sont durs, notamment pour sa fille Marine. « Il est trop tôt pour parler de mes filles. Je pourrais en dire du mal, je le fais parfois quand on m’y provoque. Je ne comprends pas tous leurs actes, ni tous les reproches qu’elles me font. Elles peuvent changer, et moi aussi (…) Marine vient de subir une présidentielle et des législatives décevantes. Philippot et les siens l’ont quittée, elle peine à faire sa rentrée. Le prochain congrès du FN s’annonce houleux. Elle est assez punie comme cela pour qu’on ne l’accable pas. Un sentiment me domine quand j’y pense : j’ai pitié d’elle », écrit-il.

La perte de son oeil gauche

Le président d’honneur du Front national explique également avoir perdu son œil gauche en montant un chapiteau pour un meeting de Jean-Louis Tixier-Vignancour, candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle de 1965.

Son dépucelage

C’est en août 1944 que Jean-Marie Le Pen a eu sa première relation sexuelle. Et voici ce qu’il raconte à ce sujet : « L’été fut chaud sous les maillots cette année-là. Carnac avait été une des premières plages déminées. Les touristes s’y pressaient, surtout des femmes que leurs maris retrouvaient certains week-ends par le train des cocus. Je perds mon pucelage avec une voisine et n’en suis pas peu fier, je suis le plus bruyant des petits coqs. »