Grippe aviaire: La production de foie gras du Sud-Ouest mettra plusieurs années à s'en remettre

ONDE DE CHOC Après deux épidémies de grippe aviaire, les professionnels du foie gras du Sud-Ouest toussotent encore. Ils estiment qu’il faudra deux à trois ans avant que la production revienne à la normale…

H.M. avec AFP

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Des bocaux de foie gras. Illustration
Des bocaux de foie gras. Illustration — ALLILI MOURAD/SIPA
  • La production dans les élevages français a baissé de 20 % sur la seule année 2017.
  • Pour se prémunir d’une nouvelle épidémie de grippe aviaire, il est désormais obligatoire d’effectuer des dépistages sur les palmipèdes avant de les transporter.

Après deux épisodes de grippe aviaire​ successifs, durant les hivers 2015-16 et 2016-17, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle pour la filière foie gras dans le Sud-Ouest. La bonne, c’est que, malgré tout, les ventes ont progressé en valeur lors des fêtes de fin d’année 2007. Le chiffre d’affaires est en hausse de 2,8 % selon le Comité  interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), signe que les consommateurs gardent la foi.

La production a baissé de 20 % en 2017

En quantité en revanche, la filière accuse le coup. La production dans les élevages français a baissé de 20 % sur la seule année 2017. Elle est en retrait global de 40 % par rapport à 2015. Et les producteurs encore convalescents vont mettre du temps à retrouver leurs volumes d’antan. « Ce sera progressif, estime Marie-Pierre Pé, la directrice générale du Cifog, il faudra deux à trois ans. »

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« 2018 sera l’année de l’ajustement, poursuit la spécialiste, car on ne connaît pas encore toutes les conséquences de la crise. » Mais la profession garde confiance en l’avenir notamment parce que le cadre réglementaire qui a été renforcé lui permet d’être mieux armée face au risque de nouvelle épizootie. « Il faut construire des bâtiments car le cadre réglementaire impose que durant la période hivernale on soit capables de mettre les animaux à l’abri », et d’éviter tout contact avec la faune sauvage éventuellement infectée, précise Marie-Pierre Pé.

Des éleveurs mieux armés contre l’épizootie

Par ailleurs, alors que la deuxième épizootie s’est propagée lors d’un transfert entre un élevage et un atelier de gavage, il est désormais obligatoire d’effectuer des dépistages sur les palmipèdes avant de les transporter.

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« Nous sommes rassurés car on ne s’expose pas à ce que la situation nous échappe de nouveau », assure la directrice générale du Cifog.

Mais cette biosécurité a un prix. Les investissements imposés s’élèvent en moyenne à 20.000 euros par exploitation.