Affaire Omar Raddad: La piste du nouvel ADN découvert en 2016 ne donne finalement rien

INFO «20 MINUTES» L’homme soupçonné depuis 2016 d’être impliqué dans le meurtre de Ghislaine Marchal a été localisé par les enquêteurs, fin janvier, et mis finalement hors de cause…

Vincent Vantighem

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Mougins (Alpes-Maritimes), le 26 juin 1991. Omar Raddad monte dans une voiture de police après son arrestation pour le meurtre de Ghislaine Marchal.
Mougins (Alpes-Maritimes), le 26 juin 1991. Omar Raddad monte dans une voiture de police après son arrestation pour le meurtre de Ghislaine Marchal. — GERARD JULIEN / AFP
  • Omar Raddad a été condamné en 1994 pour le meurtre de Ghislaine Marchal.
  • Gracié en 1996 par Jacques Chirac, il a toujours clamé son innocence.
  • En 2016, le nom d’un nouveau suspect était apparu après des analyses ADN.
  • Retrouvé par les gendarmes fin janvier, il a été mis hors de cause début février.

Son ADN ne « matche » finalement pas. Selon nos informations, l’homme soupçonné depuis octobre 2016 d’être impliqué dans le meurtre de Ghislaine Marchal, commis en 1991 à Mougins (Alpes-Maritimes), a été mis hors de cause par les enquêteurs début février. Il y a un peu plus d’un an, de nouvelles expertises sur les pièces à conviction avaient révélé des similitudes entre un ADN mêlé au sang de la victime et celui de cet homme qui figurait alors sur le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg).

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Pour s’assurer d’une réelle concordance, Jean-Michel Prêtre, le procureur de Nice, avait ordonné aux gendarmes de localiser ce suspect et de prélever son ADN afin de pouvoir le comparer directement avec celui découvert sur la scène de crime. Une enquête réalisée à la demande d’Omar Raddad, condamné pour ce meurtre en 1994 mais qui tente toujours de faire établir son innocence. Après des « recherches laborieuses », selon les propres mots du magistrat, les gendarmes ont donc fini par localiser, fin janvier dans la Nièvre, ce nouveau suspect né en 1969 et connu uniquement de la justice pour « des faits d’une relative banalité ».

Jean-Michel Prêtre, l'actuel procureur de Nice. (Photo prise en 2009)
Jean-Michel Prêtre, l'actuel procureur de Nice. (Photo prise en 2009) - DOMINIQUE CHOMEREAU-LAMOTTE / AFP

Le meurtre « ne cadrait pas vraiment » avec la vie du suspect

« Nous avons prélevé son ADN fin janvier. Le résultat de la comparaison avec celui retrouvé sur les scellés est revenu début février et cela ne ‘matche’ pas », nous a confié une source proche de l’enquête. Saisis par le procureur, les gendarmes de la section de recherches de Marseille (Bouches-du-Rhône) se sont aussi aperçus, toujours selon nos informations, que le meurtre de Ghislaine Marchal « ne cadrait pas vraiment » avec la vie menée par le suspect en 1991.

>> Kulik, Grégory, Raddad: L'ADN au secours des «Cold Case»

Condamné en 1994 à dix-huit ans de prison pour ce meurtre avant d’être gracié partiellement en 1996 par Jacques Chirac, Omar Raddad, le « petit jardinier marocain », a toujours clamé son innocence. Son avocate, Sylvie Noachovitch, avait réclamé ces nouvelles expertises ADN dans le but d’obtenir un procès en révision pour innocenter définitivement son client.

Un « serpent de mer » pour les proches de Ghislaine Marchal

Jean-Michel Prêtre avait, lui, appelé à la prudence dans ce dossier, expliquant que les portes abritant en lettres de sang les célèbres inscriptions « Omar m’a tuer » et « Omar m’a t » sur lesquelles l’ADN suspect avait été retrouvé ont été manipulées à de très nombreuses reprises en l’espace de vingt-six ans, y compris lors du procès d’assises ayant conduit à la condamnation d’Omar Raddad.

Image extraite du film «Omar m'a tuer» de Roschdy Zem, en 2011.
Image extraite du film «Omar m'a tuer» de Roschdy Zem, en 2011. - Capture du film

Avocat des proches de Ghislaine Marchal, Georges Kiejman s’était montré encore plus dubitatif lors d’un entretien accordé à 20 Minutes en février 2016. Qualifiant l’apparition de cette nouvelle hypothèse de « serpent de mer », il avait estimé que « cela n’ajoutait rien au débat et était dénué de toute pertinence ».