Bill Gates, à l’origine de campagnes de vaccination mondiales, a-t-il refusé de vacciner ses propres enfants?

FAKE OFF Selon plusieurs sites français, le philanthrope américain Bill Gates, qui vaccine des millions de jeunes à travers le monde, n’aurait pas fait vacciner ses propres enfants. Cette information erronée provient d’un site américain connu pour propager des fake news...

Lucie Bras

— 

Bill et Mélinda Gates, le 1er février 2018 lors d'une interview à Associated Press aux États-Unis.
Bill et Mélinda Gates, le 1er février 2018 lors d'une interview à Associated Press aux États-Unis. — Ted S. Warren/AP/SIPA

Dans un article publié le 13 février 2018, le site Initiatives Citoyennes affirme que Bill Gates, le deuxième homme le plus riche de la planète, a choisi de ne pas vacciner ses enfants. L’information repose sur le témoignage d’un « médecin qui a officié comme médecin privé de Bill Gates à Seattle dans les années 1990 ». « Je ne sais pas si ceux-ci ont été vaccinés à l’âge adulte, mais je peux vous dire qu’il a refusé de les vacciner quand ils étaient enfants », aurait dit ce médecin « lors d’un symposium médical à huis clos à Seattle », ajoutant que « c’était des enfants magnifiques, très intelligents et vifs, et il a dit que c’était bien comme ça, et qu’ils n’avaient pas besoin du moindre vaccin ».

FAKE OFF

Sur le médecin, l’article n’en dit pas plus que cette description vague : ni nom, ni adresse, ni date, qui pourraient permettre de vérifier la véracité de ce témoignage. Il faut dire que l’information provient du site américain « YourNewsWire », réputé pour diffuser de fausses informations. Dans les conditions générales du site, accessibles en ligne, l’hébergeur indique même que la véracité des informations n’est pas garantie.

>> A lire aussi : VIDEO. Epidémie: «Pour éliminer la rougeole, il faut qu’au moins 95% de la population soit protégée»

Si cette information sur le prétendu médecin de Bill Gates ne repose sur rien de solide, il est possible que le milliardaire ait choisi de retarder la vaccination de ses trois enfants : Jennifer, Rory et Phoebe. C’est même une pratique répandue parmi les enfants de stars d’Hollywood, comme le mentionnait un article de Slate en 2014. « Dans des villes comme Malibu, Hollywood, Santa Monica et Beverly Hills, le pourcentage de parents qui refusent de faire immuniser leurs enfants à la maternelle est de 9 % en moyenne, contre 2,2 % dans la totalité du comté de Los Angeles », affirme l’article.

Vacciner ses enfants plus tard

Sur le site Initiatives citoyennes, à l’origine de l’article sur le médecin de Bill Gates, l’auteur écrit : « Des études prouvent que l’élite ne vaccine pas ses enfants. Mais en même temps, ils s’attendent à ce que les masses vaccinent les leurs ». C’est en réalité un peu plus compliquée que ça.

>> A lire aussi : Cinq questions pour tout savoir sur les onze vaccins obligatoires depuis le 1er janvier

Cette non-vaccination des enfants prend sa source dans la médecine du pédiatre Robert Sears : il préconise de vacciner les enfants plus tard et moins souvent que ce qui est recommandé par le gouvernement. Les croyances des parents​ jouent aussi beaucoup : peu d’entre eux croient encore que les vaccins peuvent causer un autisme chez leurs enfant, mais leur anxiété porte sur l’apparition d’allergies, d’asthme ou d’eczéma. Cette « tradition » n’est pas sans danger et a conduit à une recrudescence de cas de coqueluche dans le comté de Los Angeles, rappelle l’article.

La fondation Bill et Melinda Gates s’associe à des États, des organisations ou encore aux acteurs privés pour vacciner chaque année des millions d’enfants. Leur objectif est d’avoir vacciné toute la population mondiale en 2020, au terme de la « Décennie de la vaccination ».

>> Vous souhaitez que l’équipe de la rubrique de fact checking Fake off vérifie une info ? Réagissez dans les commentaires ou envoyez un mail à l’adresse contribution@20minutes.fr.

20 Minutes est partenaire de Facebook pour lutter contre les fake news. Grâce à ce dispositif, les utilisateurs du réseau social peuvent signaler une information qui leur paraît fausse.