VIDEO. Poupée sexuelle: «C’est assez pratique pour quelqu’un qui n’a pas envie d’être confronté à la réalité»

INTERVIEW Un établissement de location de poupées sexuelles, a ouvert le 1er février dernier dans le 14e arrondissement à Paris... 

Propos recueillis par Thibaut Chevillard
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Kim, poupée du premier «espace de jeu»
Kim, poupée du premier «espace de jeu» — R.LESCURIEUX
  • Un établissement de location de poupées sexuelles a ouvert ses portes à Paris.
  • Pour la sexologue Nathalie Parein, les hommes qui ont des relations avec ces objets assouvissent «des fantasmes, de manière unilatérale».

Elles s’appellent Kim, Sofia ou Lily… Le premier établissement français de location de poupées sexuelles, a ouvert le 1er février dernier dans le 14e arrondissement à Paris. Pour comprendre pourquoi certains hommes apprécient avoir des relations intimes avec ces objets, 20 Minutes a interrogé Nathalie Parein, psychologue et sexologue.

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Pour quelles raisons des hommes peuvent-ils avoir des relations sexuelles avec des poupées ?

C’est une façon d’assouvir des fantasmes, de manière unilatérale. De ce fait, c’est quelque chose d’assez proche de la masturbation, avec un objet qui simule le corps féminin. L’avantage pour certains, c’est que cela évite tous les éléments négatifs liés aux relations sexuelles, comme les pannes, les difficultés relationnelles, les mésententes, l’inadéquation des corps…

Les relations sexuelles sont en effet parfois compliquées. Avec une poupée ou un robot sexuel, on est seul face à un objet qu’on manipule et qui ne répond pas ou de manière programmée. C’est assez pratique pour quelqu’un qui n’a pas envie d’être confronté à la réalité.

Quels types de profils ont ces hommes ?

Il y a plusieurs profils. Tout en prenant garde d’éviter tout stéréotype, on peut supposer que les personnes attirées par ce type de pratique seront des personnes très inhibées, qui vont avoir des difficultés à construire une relation avec quelqu’un. Il y a aussi des personnes qui ont des fantasmes et qui apprécient le fait de pouvoir faire ce qu’ils veulent avec ce type d’objet…

Aujourd’hui, leur utilisation reste très limitée, cela repousse énormément de gens et ce n’est pas demain que ce type d’objet sera utilisé de manière courante. Mais leur utilisation pourra se développer par curiosité ou par un effet de mode dans un premier temps.

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Certains se rendent dans cet endroit en couple. Qu’est-ce que cela révèle ?

Là aussi, il s’agit d’un fantasme. Il y a une volonté de découvrir autre chose, comme lorsqu’on se rend dans un club libertin. C’est une manière d’apporter un peu de fantaisie, de nouveauté dans la relation de couple. Différentes formes de sexualité peuvent coexister au sein d’un couple.

On trouve désormais des poupées plus évoluées, des robots, capables de dire « non » à la personne qui l’utilise. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

C’est gênant. Certes, ce n’est qu’un robot, mais cela donne une image appauvrie de la femme, renvoie à l’idée de viol et donc d’absence de consentement dans la relation sexuelle. On ne sait pas ce que cela peut induire psychologiquement chez une personne qui utilise régulièrement ce type de robot. Ça a des effets négatifs sur la conception des relations sexuelles.

Tout est fait pour que ces objets ressemblent de plus en plus à un être humain et cela crée une confusion. Il ne faudrait pas qu’il y ait une transposition dans la réalité. Certains estiment que c’est un outil thérapeutique. Au contraire, je pense que cela ne fait que renforcer certains fantasmes. Et le problème, c’est qu’il n’y a pas d’encadrement juridique pour l’instant. Rien n’interdit l’usage de ce type d’objet. Certes, on doit respecter la liberté de chacun mais en même temps, s’il y a des risques de déviance, des problèmes réels sur le plan de l’éthique, il serait important de réfléchir aux limites éventuelles à poser.